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Îles autour de la Guadeloupe : lesquelles visiter et comment y aller

La Guadeloupe n’est pas une île mais un archipel de cinq îles habitées. Grande-Terre et Basse-Terre, reliées par deux ponts, forment le papillon que tout le monde connaît. Autour gravitent trois dépendances habitées, Marie-Galante, Les Saintes et La Désirade, plus des îlets classés en réserve naturelle comme Petite-Terre. On les rejoint uniquement par bateau, avec des traversées qui vont de vingt minutes à deux heures.

L’erreur classique d’un premier séjour : choisir l’île pour ses photos, puis perdre la moitié de la journée au mauvais port d’embarquement. La variable qui décide de tout n’est pas la beauté de l’île, c’est le temps de traversée et le port de départ, mis en face du nombre de jours disponibles. Avant de réserver la moindre navette, autant caler le reste du voyage, où dormir et quoi voir sur les deux grandes îles, avec le guide de la Guadeloupe. Selon que vous avez une journée ou une semaine, et selon la côte où vous dormez, la bonne escale change du tout au tout.

Traversée mini
20 min
Îles habitées voisines
3
Réserve d’iguanes
Petite-Terre
Saison idéale
Déc – Avr

Cinq escales, deux manières de les vivre

Toutes les îles autour de la Guadeloupe ne se visitent pas de la même façon, et confondre les deux catégories fait rater des journées. La première regroupe les trois îles habitées : Marie-Galante, Les Saintes et La Désirade. Elles ont des bourgs, des restaurants, des plages et des hébergements. On peut y passer la journée ou y dormir, à condition d’y consacrer le temps de la traversée aller-retour.

La seconde catégorie, ce sont les îlets classés en réserve, Petite-Terre en tête, et les îlets du Grand-Cul-de-Sac-Marin. Pas de village, pas d’hôtel, pas de commerce. On y va pour la journée avec un bateau organisé, pour le lagon, le snorkeling et la faune sauvage. Vouloir « visiter » Petite-Terre comme on visite Marie-Galante n’a pas de sens : l’une est une sortie nature encadrée, l’autre une vraie île où l’on circule.

Les Saintes, la baie qui rafle les superlatifs

Au sud de Basse-Terre, Les Saintes forment un petit archipel de neuf îles et îlots, dont deux seulement sont habitées. La baie des Saintes, dominée par le Pain de Sucre et le Fort Napoléon, est régulièrement citée parmi les plus belles baies du monde. C’est l’escale la plus complète et la plus courue : village créole coloré, plages à quelques minutes, forts, snorkeling et cuisine locale. Les fameux « tourments d’amour », petites tartelettes à la noix de coco, se vendent sur le port dès l’arrivée.

Terre-de-Haut est l’île animée, celle où débarque la majorité des visiteurs. On y grimpe au Fort Napoléon pour la vue et son conservatoire de cactus, on descend à la plage de Pompierre ou au Pain de Sucre. Terre-de-Bas, reliée par une navette, reste plus sauvage et bien plus calme, avec la plage de Grande-Anse. Sur Terre-de-Haut, la voiture est très limitée : on loue un scooter ou une voiturette électrique, ou on marche. En pleine saison, le village se remplit vite en milieu de matinée, quand tous les bateaux arrivent en même temps.

Marie-Galante, le rhum, les moulins et les plages vides

Surnommée la « grande galette » pour sa forme ronde et plate, Marie-Galante est la plus vaste des dépendances. On l’appelle aussi l’île aux cent moulins, vestiges de son passé sucrier qui parsèment les champs de canne. Trois distilleries y produisent encore des rhums réputés parmi les plus corsés des Antilles, et une sucrerie tourne toujours. C’est l’île du temps long, sauvage et peu touristique, avec de longues plages souvent désertes comme l’Anse Canot ou l’Anse de Vieux-Fort.

Le revers, c’est l’éloignement. La traversée dure environ une heure, ce qui ampute une visite à la journée. Pour vraiment en profiter, faire les distilleries, la Gueule Grand Gouffre creusée dans la falaise et l’écomusée de l’Habitation Murat, il faut compter deux jours et une nuit sur place. L’île est étendue et plate : sans véhicule loué à l’arrivée, on ne voit presque rien. Tous les détails pratiques sont dans notre page dédiée à Marie-Galante.

Attention. Les côtes tournées vers l’Atlantique, à l’est et au sud-est, encaissent les échouages de sargasses. Marie-Galante et La Désirade sont parfois touchées : mieux vaut vérifier l’état des plages via l’application locale avant de partir.

La Désirade, le bout du monde aride et sans touristes

À l’extrême est de l’archipel, au large de la Pointe des Châteaux, La Désirade est un long rocher étroit, sec et battu par les alizés. Classée réserve naturelle, elle abrite les plus vieilles roches des Petites Antilles, des cabris en liberté et une belle population d’iguanes. Longtemps île d’exil, elle a gardé une vie au ralenti, sans hôtellerie de masse ni foule. C’est l’escale de l’authenticité totale, pour qui cherche le calme absolu et un rythme purement local.

Une seule route dessert l’île sur toute sa longueur. On la parcourt en scooter ou en voiturette pour rejoindre ses plages tranquilles et son petit phare. La traversée depuis Saint-François prend environ 45 minutes, ce qui en fait une sortie à la journée tout à fait faisable. À réserver plutôt aux voyageurs qui veulent voir une autre Guadeloupe, dépouillée et sincère, et pas forcément une carte postale de sable blanc et cocotiers.

Petite-Terre, la réserve aux dix mille iguanes

À une dizaine de kilomètres à l’est de la Pointe des Châteaux, Petite-Terre réunit deux îlots inhabités, classés réserve naturelle marine et terrestre depuis 1998. Sur à peine 1,5 km², l’archipel concentre plus de dix mille iguanes des Petites Antilles, soit environ un tiers de la population mondiale, un lagon turquoise idéal pour le snorkeling, des tortues, des raies et des requins-citron juvéniles totalement inoffensifs. Un phare historique complète le décor.

L’accès se fait uniquement par excursion organisée au départ de Saint-François, avec un guide agréé : il n’existe aucune navette publique ni moyen d’y aller par soi-même. Comptez environ 45 minutes en bateau rapide, 1h15 en catamaran. Seul Terre-de-Bas est ouvert aux visiteurs, et la réserve impose des quotas journaliers stricts. En haute saison, il faut réserver plusieurs jours à l’avance. Prévoyez une crème solaire minérale biodégradable : le lagon n’offre aucune ombre et les filtres chimiques abîment les coraux.

Bon à savoir. Les excursions à la journée incluent en général le déjeuner créole servi à bord ou sur la plage, plus le snorkeling encadré. Une demi-journée existe, mais on rentre frustré : le lagon mérite la journée complète.

Les îlets du Grand-Cul-de-Sac-Marin, le lagon à fleur d’eau

Au nord, entre Grande-Terre et Basse-Terre, le Grand-Cul-de-Sac-Marin est le plus grand lagon des Petites Antilles, protégé par une longue barrière de corail. On y navigue vers de petits îlets comme l’Îlet Caret, un banc de sable planté de quelques cocotiers, posé au milieu d’une eau peu profonde et transparente. Ce n’est pas une île où l’on séjourne, mais une sortie bateau à la demi-journée ou à la journée, souvent combinée avec un passage par la mangrove et une baignade au milieu du lagon.

Quelle île choisir selon votre temps

Le choix dépend de trois choses : le nombre de jours, la côte où vous logez et l’ambiance recherchée. Une seule journée et l’envie d’une île complète, culture, plage et village : Les Saintes, avec la traversée la plus courte et l’atmosphère la plus riche, mais aussi la plus fréquentée. Amateur de rhum et de paysages ruraux, prêt à donner deux jours : Marie-Galante. Recherche du calme radical, sans concession touristique : La Désirade. Envie de lagon, d’iguanes et de snorkeling plutôt que d’un bourg : Petite-Terre.

ÎleDepuis quel portTraverséeDurée conseilléePour qui
Les Saintes (Terre-de-Haut)Trois-Rivières20 à 25 min1 journéePremier séjour, mix plage et patrimoine
Marie-GalantePointe-à-Pitre45 min à 1h2 jours idéalementRhum, moulins, plages vides
La DésiradeSaint-François45 min1 journéeAuthenticité, calme, hors des foules
Petite-TerreSaint-François45 min à 1h151 journée (excursion)Snorkeling, iguanes, lagon

Le duel le plus fréquent oppose les deux poids lourds de l’archipel. Si vous devez trancher entre les Saintes ou Marie-Galante, la règle simple tient en une phrase : Les Saintes pour une journée réussie et courte, Marie-Galante si vous avez le temps d’y dormir. Avec deux journées à répartir, la meilleure combinaison reste Les Saintes en excursion à la journée et Marie-Galante en séjour de deux jours avec une nuit sur place.

De quel port partir, et combien ça coûte

Le port d’embarquement compte autant que l’île choisie, car il détermine la durée de traversée et la fiabilité de la liaison. Trois ports concentrent l’essentiel des départs, chacun avec sa spécialité. Plusieurs compagnies se partagent les lignes : Express des Îles, Karu’Ferry, CTM Deher et Comadile selon les liaisons.

Port de départÎles desserviesTraverséeBon à savoir
Trois-Rivières (sud Basse-Terre)Les Saintes20 à 25 minLe meilleur choix pour Les Saintes, rapide et fréquent
Pointe-à-Pitre (gare maritime de Bergevin)Marie-Galante, Les Saintes45 min à 1h15Central mais parking payant et circulation dense
Saint-François (est Grande-Terre)La Désirade, Petite-Terre, Marie-Galante45 min à 1h15Port à taille humaine, seul accès pratique pour La Désirade et Petite-Terre

Côté budget, comptez en général 25 à 30 € l’aller simple et 40 à 45 € l’aller-retour à la journée pour un adulte vers les trois îles habitées, avec des tarifs réduits pour les enfants. Certaines compagnies affichent des billets à partir d’environ 17,50 €. L’excursion à Petite-Terre en catamaran, déjeuner et snorkeling compris, tourne plutôt autour de la centaine d’euros par adulte. Les prix et les horaires bougent selon la compagnie, la saison et le jour de la semaine : confirmez toujours directement auprès de la compagnie avant de bloquer une date.

Attention. La liaison Saint-François vers Les Saintes est la plus longue et la plus exposée à la houle : elle est souvent annulée par mer agitée. Pour Les Saintes, partez plutôt de Trois-Rivières, quitte à sacrifier une matinée sur Basse-Terre.

Quand y aller sans se faire gâcher la traversée

La bonne fenêtre pour les îles voisines suit la saison sèche, de décembre à avril : mer plus calme, ciel dégagé, températures autour de 28 °C et traversées plus confortables. C’est aussi la haute saison, donc la période où les bateaux se remplissent et où Petite-Terre atteint vite ses quotas. Réservez à l’avance sur cette fenêtre, surtout le week-end et pendant les vacances scolaires.

Deux facteurs peuvent gâcher la sortie, indépendamment de la saison. La houle d’abord, qui allonge les traversées et déclenche des annulations, en particulier depuis Saint-François. Les sargasses ensuite, ces algues brunes qui s’échouent sur les côtes atlantiques et peuvent, certains jours, envahir une plage entière. Consulter l’état de la mer et des échouages la veille évite les mauvaises surprises. Août à octobre, en pleine saison cyclonique, reste la période la plus incertaine pour les liaisons.

Continuer la découverte de la Guadeloupe

Les îles voisines ne sont qu’une partie du voyage. Pour construire le reste du programme, piochez dans que faire en Guadeloupe sur les deux grandes îles, repérez les plages de Guadeloupe à ne pas manquer et gardez sous la main la carte de la Guadeloupe pour situer chaque escale et chaque port d’embarquement.

Questions fréquentes

Faut-il réserver les traversées à l’avance ?

En basse saison, réserver la veille ou le matin même suffit souvent. En haute saison, de décembre à avril, ainsi que les week-ends et pendant les vacances scolaires, mieux vaut prendre ses billets plusieurs jours avant, car les bateaux se remplissent. Pour Petite-Terre, la réservation à l’avance est quasi obligatoire : les quotas de la réserve limitent le nombre de visiteurs par jour, comptez cinq à sept jours d’anticipation en période chargée.

Peut-on visiter ces îles sans louer de voiture ?

Cela dépend de l’île. Sur Terre-de-Haut, aux Saintes, la voiture est très limitée : on se déplace à pied, en scooter ou en voiturette électrique, et une journée sans véhicule reste agréable. Marie-Galante et La Désirade, plus étendues, imposent en revanche un moyen de transport sur place pour voir quoi que ce soit. Depuis la Guadeloupe continentale, une voiture aide aussi à rejoindre les ports d’embarquement tôt le matin, car les transports en commun desservent mal les marinas à l’aube.

Peut-on dormir sur les petites îles ?

Oui sur les trois îles habitées. Marie-Galante, Les Saintes et La Désirade disposent d’hébergements, de gîtes et de locations, et y passer une nuit change complètement l’expérience, notamment pour profiter des plages une fois les bateaux du jour repartis. En revanche, aucune nuit n’est possible sur Petite-Terre ni sur les îlets du Grand-Cul-de-Sac-Marin : ce sont des réserves ou des bancs de sable inhabités, accessibles seulement à la journée.

Quelle île éviter en cas de mal de mer ou de forte houle ?

Les traversées les plus longues sont aussi les plus sensibles à la houle. Depuis Saint-François, la mer se forme davantage, en particulier vers Les Saintes. Si vous êtes sujet au mal de mer, privilégiez la ligne Trois-Rivières vers Les Saintes, courte et abritée, et évitez les liaisons longues les jours de mer agitée. Dans tous les cas, regardez l’état de la mer la veille : une traversée annoncée peut être annulée sans préavis quand les conditions se dégradent.

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