À dix minutes de navette de Terre-de-Haut, une île près de deux fois plus vaste vit à un rythme que sa voisine a perdu depuis longtemps. Terre-de-Bas compte à peine plus de 1 000 habitants, pas un seul hôtel de chaîne, et deux villages reliés par des sentiers autant que par la route. On y vient pour marcher sur des traces qui grimpent, se baigner dans des anses sans transat, et regarder un chapeau de bambou naître entre les mains d’un artisan.
Ce contraste résume l’île. Les activités ne s’achètent pas au guichet ici : elles se méritent à pied et se découvrent au fil des bourgs de Grande-Anse et Petite-Anse. Avant de réserver votre traversée, notre guide de l’île de Terre-de-Bas en Guadeloupe plante le décor ; cette page se concentre sur le quoi faire, dans l’ordre où vous en profiterez le mieux. Trois variables décident de votre journée : le temps dont vous disposez, votre envie de marcher, et l’horaire des bateaux.
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Randonner d’un village à l’autre, le vrai plaisir de l’île
La meilleure façon de sentir Terre-de-Bas se fait à pied. À votre descente du bateau à Grande-Anse, un plan vous est remis avec quatre traces balisées, nommées A, B, C et D, qui traversent l’intérieur ou longent le littoral. Le relief est volcanique et grimpe vite, donc mieux vaut choisir sa trace selon sa forme et le temps disponible.
La trace des falaises
C’est l’itinéraire signature : environ 6,8 km pour 3 h de marche, en alternant bord de mer, savane sèche et forêts de bois d’Inde. Les points de vue sur la baie des Saintes et sur Terre-de-Haut justifient à eux seuls le déplacement. Comptez de bonnes chaussures et beaucoup d’eau : les portions de savane offrent peu d’ombre et le soleil tape fort en milieu de journée.
La table d’orientation, panorama sur tout l’archipel
Depuis Grande-Anse, une côte raide mène à une table d’orientation qui dégage une vue immense : Grande-Anse en contrebas, Terre-de-Haut juste derrière, et par temps clair Marie-Galante, La Désirade, jusqu’à la Dominique au sud. En chemin, quelques réservoirs d’eau peints par des artistes de street art surprennent au milieu de la végétation. C’est la balade courte à faire si vous n’avez qu’une demi-journée.

Attention. Les traces grimpent sec et l’ombre manque sur les crêtes. Chaussures fermées, chapeau et au moins un litre d’eau par personne, surtout entre 11 h et 15 h.
Les monuments qui racontent Terre-de-Bas
Deux sites classés monuments historiques gardent la mémoire sucrière et défensive de l’île. Ni billetterie ni horaires d’ouverture : la visite est libre, à condition de venir équipé.
La poterie Fidelin
Fondée en 1760 sous le nom de Fabrique de Grand Baie, cette ancienne poterie produisait les formes à sucre et les pots de mélasse à l’apogée de l’économie sucrière des 17e et 18e siècles. Elle a périclité pendant la crise sucrière de 1815 et reste l’un des derniers vestiges de cette activité dans les Saintes. Sur place, près de la plage de Grande Baie, on distingue encore les fours, les citernes, les ruines de la maison de maître et le moulin à bête. La visite se fait à pied, gratuitement.

Attention. Le site borde une forêt de mancenilliers, un arbre toxique. Ne vous abritez jamais dessous, surtout sous la pluie, et ne touchez ni les fruits, ni l’écorce, ni la sève. L’ombre est rare : chapeau et eau indispensables.
La batterie du Fer-à-cheval
À l’Anse des Mûriers, près de la plage de Grande Baie, cette ancienne batterie appartenait à la ligne de défense qui protégeait l’archipel. Longtemps laissée à l’abandon, elle domine l’entrée du port et offre un beau panorama sur les bateaux qui arrivent. Le détour est court et se combine facilement avec la poterie, toute proche.
Villages, église et salako : le cœur vivant de l’île
La vie de Terre-de-Bas se concentre dans ses deux bourgs. Prendre le temps d’y flâner, sans programme, fait partie des meilleures choses à y faire.
Grande-Anse et Petite-Anse
Grande-Anse, à l’est, est devenue le port principal en 1951 : c’est là que vous débarquez. Petite-Anse, à l’ouest, est le chef-lieu administratif, plus peuplé, avec la particularité étonnante de n’offrir aucune vue sur la mer. Sa place du 9 août 1882, fleurie, fait face à la mairie, et son église Saint-Nicolas mérite le coup d’œil : plafond en forme de carène de bateau renversée, cimetière attenant, façade reconstruite après le séisme de novembre 2004. Boulangeries, petites boutiques et marché rythment la journée.

Le salako, savoir-faire encore vivant
Le salako est ce chapeau à double calotte, emblème des Saintes, importé au 19e siècle par des marins venus d’Indochine. À Petite-Anse, quelques artisans le confectionnent encore à la main, à partir de bambou tressé et de toile blanche. En le demandant sur place, on peut assister à la fabrication : c’est l’une des rares expériences artisanales qu’on ne trouve pas sur Terre-de-Haut.
Se baigner et explorer sous l’eau
Les plages de Terre-de-Bas sont plus sauvages et bien plus calmes que celles de sa voisine, sans paillote ni location de matériel. Les deux plus accessibles sont Grande Anse, à côté du village, et Grande Baie, près du port et de la poterie. Les anses de l’ouest, plus confidentielles, se gagnent par un sentier ou en bateau.
Côté mer, la randonnée aquatique révèle une faune de récif accessible dès le bord, avec parfois des tortues au petit matin. Pour choisir précisément où poser sa serviette, le détail est dans notre sélection des plus belles plages de Terre-de-Bas.

Attention. La présence de sargasses et l’état de la mer varient selon la saison et l’exposition de l’anse. Renseignez-vous sur place le jour même avant de choisir votre plage.
Comment aller à Terre-de-Bas et s’y déplacer
L’accès reste le seul vrai obstacle, et deux itinéraires existent. Il n’y a pas de liaison directe depuis Pointe-à-Pitre : il faut d’abord rejoindre Trois-Rivières en voiture, environ 1 h 15.
| Itinéraire | Traversée | Prix indicatif | Fréquence |
|---|---|---|---|
| Trois-Rivières → Terre-de-Bas (direct) | ≈ 1 h | ≈ 20 à 22 € l’aller-retour | Lun-sam, matin et début d’après-midi |
| Terre-de-Haut → Terre-de-Bas (navette inter-îles) | ≈ 10 min | Gratuit | 6 aller-retours par jour, 7j/7 |
Les voitures ne sont pas embarquées sur les bateaux des Saintes. Sur l’île, des taxis et voiturettes attendent au quai à l’arrivée, et l’on trouve aussi de la location de scooters et de vélos. Les distances sont courtes mais les côtes raides, donc le scooter ou la marche restent les options les plus simples.
Bon à savoir. La formule maligne : dormir sur Terre-de-Haut ou Terre-de-Bas et utiliser la navette inter-îles gratuite pour passer d’une île à l’autre à la journée. Sa capacité est petite (12 places), présentez-vous en avance.
Les horaires et tarifs changent selon la saison. Vérifiez-les auprès de la compagnie la veille de votre départ.
Terre-de-Bas ou Terre-de-Haut : laquelle choisir ?
Les deux îles se complètent plus qu’elles ne s’opposent. Terre-de-Haut est plus animée et touristique, avec ses restaurants, ses boutiques et le Fort Napoléon. Terre-de-Bas est rurale, tournée vers la pêche et l’artisanat, avec des plages presque désertes. Beaucoup de voyageurs logent sur l’une et visitent l’autre.
On aime
- Un calme rare, loin de l’affluence
- Des plages sauvages sans foule
- Le patrimoine sucrier et la batterie
- L’artisanat vivant du salako
- La navette gratuite depuis Terre-de-Haut
On aime moins
- Peu d’hébergements et de restaurants, à réserver tôt
- Des reliefs qui grimpent vite
- Aucune liaison directe depuis Pointe-à-Pitre
- Une offre de services limitée sur place
Pour prolonger le séjour, regardez où se loger sur Terre-de-Bas, où l’offre est rare et se réserve à l’avance, et où manger sur Terre-de-Bas, entre poissons du jour et cuisine créole.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour visiter Terre-de-Bas ?
Une journée suffit pour l’essentiel : une plage, la poterie, la batterie et un village. Comptez deux jours pour randonner et profiter sans courir, ou trois jours en utilisant l’île comme base pour explorer le reste des Saintes.
Peut-on visiter Terre-de-Bas à la journée depuis Terre-de-Haut ?
Oui, et c’est même l’option la plus simple. La navette inter-îles gratuite relie les deux îles en une dizaine de minutes, avec six aller-retours par jour, sept jours sur sept. Il suffit de vérifier le dernier départ pour ne pas rester bloqué.
Comment se déplacer sur l’île sans voiture ?
Des taxis et voiturettes attendent au quai à l’arrivée. On peut aussi louer un scooter ou un vélo, ou marcher. L’île est petite mais vallonnée : à pied, prévoyez de l’endurance pour les côtes.
Y a-t-il des hôtels et des restaurants à Terre-de-Bas ?
Pas de complexe hôtelier : l’hébergement se fait surtout en location saisonnière et en petites structures, et la restauration en tables créoles familiales. L’offre étant réduite, mieux vaut réserver bien à l’avance, surtout en haute saison.
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