À la pointe est de la Grande-Terre, une crique de moins de cent mètres de sable blanc concentre à elle seule toute la réputation, et pas mal de malentendus, de la plage de la Pointe Tarare. C’est la seule plage officiellement naturiste de l’archipel, cachée derrière un rideau de végétation à deux pas de la Pointe des Châteaux.
Tarare ne ressemble à aucune autre parmi les plages de Guadeloupe : aucun parking en bord de sable, aucune paillote, une eau atlantique qui bouge, et une fréquentation très particulière. Savoir à quoi s’attendre change tout, entre l’image de carte postale et la réalité du terrain.
Bonne nouvelle : l’accès est plus simple que sa réputation ne le laisse croire, et la crique reste l’un des rares coins vraiment sauvages du secteur. Moins bonne : ce n’est ni une plage familiale, ni un lagon d’huile, et son ambiance mérite d’être comprise avant même de se garer.

Une crique sauvage, seule plage naturiste officielle de l’archipel
On parle d’un site minuscule et confidentiel, pas d’une grande plage de bourg. L’Anse Tarare tient dans une échancrure de la côte, protégée par des rochers et une végétation dense qui la coupe du reste du littoral.
Le sable est blanc mais pas immaculé : quelques cailloux, des passages rocheux, une teinte moins parfaite que les cartes postales de Sainte-Anne. C’est aussi ce qui fait son charme brut. L’eau reste turquoise et claire, avec des fonds intéressants à explorer sur la gauche, là où les rochers plongent dans la mer.
Ce qui rend Tarare unique tient en une ligne : c’est la seule plage naturiste reconnue de Guadeloupe. Sa configuration isolée, à l’abri des regards, explique que la communauté naturiste s’y soit installée de longue date. La fréquentation est majoritairement masculine et l’ambiance clairement orientée adulte, ce qui la distingue des plages familiales du secteur.
Le statut est celui d’une plage naturiste tolérée, pas d’un espace clos ou surveillé. Personne ne contrôle l’entrée, il n’y a ni gardien ni horaires. On vient ici pour la tranquillité, la baignade libre et un cadre resté sauvage, à quelques centaines de mètres de l’un des sites les plus visités de l’île.
Rejoindre l’Anse Tarare depuis Saint-François
L’accès a la réputation d’être compliqué. Il ne l’est pas vraiment, à condition de repérer le bon embranchement avant la Pointe des Châteaux. Comptez une courte marche à la fin : la route ne va pas jusqu’au sable.
Depuis le bourg de Saint-François, prenez la direction de la Pointe des Châteaux par la D118. Vous longez le golf puis l’aérodrome. Environ 6,3 km après le virage de la Coulée, trois restaurants apparaissent sur votre droite, en bord de mer. Tournez alors à gauche vers l’Hostellerie des Châteaux et le restaurant Chez Man Michel, bien indiqués par des panneaux.
Suivez cette petite route sur environ 500 m jusqu’au parking, à côté du restaurant. De là, la plage se rejoint à pied par le sentier situé à gauche de Chez Man Michel, sur 250 m environ. Le chemin est en partie ombragé et se fait en quelques minutes. Un second accès existe par l’extrémité de l’Anse à la Gourde, un peu plus long, pour qui enchaîne avec une balade.
Le stationnement se limite à un petit parking : en haute saison et le week-end, mieux vaut arriver tôt. Ne laissez rien de visible dans la voiture, comme partout à la Pointe des Châteaux.
Baignade et snorkeling : plaisir réel, prudence obligatoire
Tarare regarde l’Atlantique, pas la mer des Caraïbes. La différence se sent dans l’eau : de belles couleurs, mais des vagues et des courants qui ne pardonnent pas l’imprudence.
La baignade reste agréable la plupart du temps, dans une eau claire et chaude toute l’année. Mais la houle peut se lever et les courants se renforcent par temps venteux. Ce n’est pas un lagon plat : les nageurs peu à l’aise doivent rester près du bord et surveiller les conditions avant d’aller loin.
Prévoyez des chaussons de bain. Le fond mêle sable et roches, et quelques cailloux se sentent vite sous les pieds. Pour le snorkeling, le meilleur coin se trouve sur la gauche de la plage, là où les rochers descendent dans l’eau : on y croise poissons colorés et coraux. Palmes, masque et tuba suffisent.
Attention. Côté Atlantique, les vagues et les courants peuvent être forts, surtout par vent d’est. La baignade est déconseillée aux nageurs peu expérimentés quand la mer est formée.
Sargasses : des épisodes possibles, une parade simple
La côte est de la Grande-Terre reçoit des arrivages de sargasses selon les saisons et les vents. Tarare n’y échappe pas totalement, mais sa situation la rend rarement inutilisable longtemps.
Certains jours, quelques bancs d’algues s’accumulent dans l’anse. D’autres, l’eau reste parfaitement dégagée. La règle locale joue en votre faveur : quand une côte est touchée, la côte opposée l’est généralement moins. À Saint-François, on peut presque toujours basculer vers une autre plage propre le jour même.
Le réflexe utile consiste à vérifier l’état des arrivages avant de partir, via les bulletins sargasses quotidiens. Si l’anse est chargée, il reste de nombreuses plages de Grande-Terre à moins de trente minutes, exposées différemment, pour sauver la journée.
Ambiance, naturisme et limites : à qui s’adresse vraiment Tarare
C’est la partie la moins racontée, et pourtant la plus utile pour décider. Tarare a une identité forte, qui séduit une partie des visiteurs et met les autres mal à l’aise.
Le naturisme n’est pas obligatoire, mais il est la norme : venir en maillot reste possible, vous serez simplement minoritaire. L’atmosphère est détendue et généralement bienveillante entre habitués. La fréquentation, très majoritairement masculine, donne à l’anse une tonalité adulte assumée.
Il faut le dire clairement : plusieurs visiteuses rapportent des comportements gênants de la part de certains individus, regards insistants ou attitudes déplacées. Ce n’est pas la règle, et la plupart des personnes présentes viennent simplement profiter du calme. Mais une femme seule peut s’y sentir observée. Venir accompagné, s’installer là où il y a du passage, et ne pas hésiter à partir si l’ambiance dérange restent les bons réflexes.
Pour ces raisons, Tarare se déconseille aux familles avec enfants, entre le naturisme et une mer parfois agitée. Si vous cherchez une plage abritée et adaptée à tous, la plage du Souffleur à Port-Louis, sur l’autre façade de la Grande-Terre, propose un tout autre programme, plus calme et familial.
Bien préparer sa visite
Aucun commerce sur le sable : ce que vous n’apportez pas, vous ne l’aurez pas. Un peu d’anticipation suffit pour passer une belle demi-journée.
Bon à savoir. Emportez eau, en-cas et chaussons de bain : la plage est sauvage, sans buvette ni douche. Les restaurants du parking, dont Chez Man Michel, dépannent pour déjeuner, mais le service peut être long.
Privilégiez la matinée pour une eau plus calme, une lumière douce et moins de monde. En semaine, l’anse est nettement plus tranquille que le week-end. L’ombre naturelle existe en lisière de végétation, mais reste limitée : casquette et crème solaire ne sont pas un luxe.
Tarare se combine bien avec la Pointe des Châteaux toute proche, ses falaises et sa vue sur la Désirade. Sur le trajet, la plage de la Douche et son bassin naturel valent l’arrêt pour une pause photo amusante. Prévoyez de bonnes chaussures pour le sentier et de quoi vous rincer au retour.
On aime
- Cadre sauvage et confidentiel, à l’écart des plages bondées
- Eau turquoise et beau snorkeling sur les rochers de gauche
- La seule plage naturiste officielle de Guadeloupe
- À deux pas de la Pointe des Châteaux
On aime moins
- Mer atlantique agitée, courants par vent fort
- Ambiance adulte, comportements parfois gênants signalés
- Ni services ni ombre garantie sur la plage
- Déconseillée aux familles avec enfants
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Explorer la GuadeloupeQuestions fréquentes
Le naturisme est-il obligatoire à la Pointe Tarare ?
Non. Le naturisme est la pratique dominante et attendue sur place, mais rien ne l’impose. Vous pouvez rester en maillot, en gardant à l’esprit que vous serez minoritaire et que la nudité est courante autour de vous.
La Pointe Tarare convient-elle aux familles avec enfants ?
Peu. Entre le naturisme, l’ambiance adulte et une mer parfois agitée, l’anse n’est pas le meilleur choix en famille. Les plages abritées de la côte ouest de la Grande-Terre, comme Port-Louis, sont plus adaptées aux enfants.
Y a-t-il des sargasses à l’Anse Tarare ?
Cela arrive, surtout lors des arrivages qui touchent la côte atlantique. Les épisodes restent variables et souvent courts. Vérifiez les bulletins sargasses du jour, et basculez au besoin vers une autre plage de Saint-François, exposée différemment.
Combien de temps faut-il marcher pour rejoindre la plage ?
Environ 250 mètres depuis le parking situé près du restaurant Chez Man Michel, soit quelques minutes par un sentier en partie ombragé. La route ne descend pas jusqu’au sable : cette courte marche fait partie du décor.
Trouve-t-on des services sur place ?
Non, la plage est sauvage : ni buvette, ni douche, ni poste de secours. Les seuls commerces sont les restaurants du parking, en haut du sentier. Prévoyez eau, en-cas, chaussons et crème solaire avant de descendre.
