Pompierre coche toutes les cases de la plage de carte postale : un croissant de sable doré d’environ 800 mètres, une eau si plate qu’elle ressemble à un lac, des cocotiers penchés qui font de l’ombre du matin au soir. Sauf qu’une plage de rêve aux Saintes se mérite, et qu’un seul paramètre décide de votre journée : la présence ou non de sargasses le jour où vous montez.
Située au nord-est de Terre-de-Haut, elle se rejoint à pied en quinze à vingt minutes depuis le bourg, ce qui en fait la plus accessible de l’île. On la retrouve dans presque tous les classements consacrés aux plus belles plages de Guadeloupe, et sa réputation tient à un détail de géographie : un îlet planté en travers de la baie qui brise la houle atlantique et rend l’eau aussi calme qu’un plan d’eau fermé.

Une baie presque fermée par les Roches Percées
La baie dessine un fer à cheval parfait, presque clos par un îlet baptisé les Roches Percées : une vingtaine de mètres de haut, une centaine de long, posé pile à l’entrée. Cette barrière naturelle casse les vagues soulevées par les alizés. Résultat, alors que les deux mornes qui encadrent la plage plongent plein est dans un océan agité, l’eau de Pompierre reste plate et translucide, peu profonde sur une large bande. On comprend vite pourquoi on la compare à un lac plutôt qu’à une mer.
La baie est classée site naturel protégé. Les bateaux à moteur comme à voile y ont interdiction d’entrer et de mouiller, ce qui préserve la clarté de l’eau et le calme du lieu. Le sable est bordé de cocotiers et d’amandiers-pays qui couvrent d’ombre presque toute la longueur, au point que certains trouvent l’après-midi un peu trop ombragé. Des carbets avec tables et bancs sont installés pour pique-niquer. Au regard des autres plages de Terre-de-Haut, c’est la plus généreuse en sable, en ombre et en profondeur de baie.
Le décor est aussi une petite réserve à ciel ouvert : iguanes qui lézardent à l’ombre, cabris en liberté qui traversent le sable. En juin, la végétation se couvre de fleurs. Rien à toucher, tout à observer.
Y aller à pied depuis le bourg
Depuis le bourg, comptez 15 à 20 minutes de marche : on remonte la petite route et on suit les panneaux. Le chemin grimpe, passe un virage qui ouvre une vue panoramique sur la rade et ses voiliers (le Pain de Sucre d’un côté), puis redescend vers la baie. Le débarcadère se trouvant dans le bourg, l’itinéraire est le même en arrivant du bateau, avec quelques minutes de plus.
L’accès reste un vrai sentier, parfois raide : les tongs suffisent sur le sable mais pas pour la montée, mieux vaut des chaussures qui tiennent le pied. Sinon, l’île se parcourt à vélo, en scooter ou en golfette électrique, tous en location au bourg, avec quelques places pour se garer à l’entrée de la plage. Autre option pour les marcheurs : redescendre directement sur Pompierre depuis le Fort Joséphine.
Bon à savoir. À l’entrée de la plage, des douches permettent de se rincer et une paillote sert boissons et accras. C’est le seul point de ravitaillement : au-delà, rien sur le sable, donc on emporte de l’eau et de quoi grignoter.
Rejoindre Terre-de-Haut depuis la Guadeloupe
Pompierre se mérite d’abord par la traversée. Le point de départ le plus rapide est Trois-Rivières, à 15 à 20 minutes de mer, avec plusieurs rotations par jour en saison. Depuis Pointe-à-Pitre (gare maritime de Bergevin), comptez 45 à 50 minutes, avec moins de départs. Des liaisons existent aussi depuis Basse-Terre et Saint-François. Côté compagnies, CTM Deher, Val’Ferry, Béatrix et l’Express des Îles se partagent les rotations.
Le billet tourne autour de 25 € l’aller-retour depuis Trois-Rivières en réservant à l’avance, un peu plus le jour même : les tarifs varient selon la compagnie et la période, donc comparez. Point à connaître avant de tout planifier : les voitures ne montent pas sur la navette vers Terre-de-Haut. On visite l’île à pied, à vélo, en scooter ou en golfette. Réservez, et vérifiez les horaires la veille, car ils changent. Pour une visite à la journée, prenez le premier bateau.
Sous l’eau : herbier, poissons et nage vers l’îlet
L’eau calme et peu profonde fait de Pompierre l’un des meilleurs spots de snorkeling des Saintes, accessible sans bateau ni matériel lourd. Masque et tuba suffisent pour longer les rochers sur la droite (côté sud), là où l’herbier abrite quantité de poissons multicolores et quelques coraux. Les bons nageurs traversent la baie jusqu’aux Roches Percées pour un point de vue qui vaut l’effort.
Deux réserves honnêtes. L’herbier et les rochers hébergent de nombreux oursins royaux : des chaussures d’eau évitent la mauvaise surprise, et on ne pose pas le pied n’importe où. Surtout, la plage n’est pas surveillée : l’eau reste calme dans la baie, mais on garde un œil sur les enfants et on évite de dériver vers la passe, plus agitée. Crème solaire biodégradable de rigueur pour ne pas abîmer les fonds.
Les sargasses, la seule vraie inconnue
C’est le point qui fait basculer une journée du côté rêve ou du côté déception. Certains visiteurs décrivent une baie totalement nette, sans un brin d’algue ; d’autres tombent sur un tapis brun qui recouvre le sable, rend la baignade impossible et dégage une odeur forte. Le paradoxe de Pompierre : la crique est presque fermée, mais les sargasses parviennent quand même à s’y engouffrer et à s’y accumuler.
La municipalité nettoie régulièrement, sans pouvoir suivre le rythme des gros arrivages. Aucune saison n’est garantie sans algues : le risque grimpe plutôt du printemps à l’automne et reste imprévisible, tandis que la saison sèche, de décembre à avril, offre en général de meilleures chances. Le réflexe utile, surtout si c’est votre seul jour aux Saintes : regarder des photos ou des avis datés des derniers jours avant de monter.
Attention. Les sargasses touchent Pompierre de façon totalement imprévisible. Un même mois peut donner une baie parfaite une semaine et impraticable la suivante. Vérifiez les conditions récentes avant de vous déplacer.
Choisir son heure pour l’avoir à soi
Étant la plage la plus proche du bourg, Pompierre est aussi la plus fréquentée de l’île. Le cœur de journée, entre 11h et 15h en haute saison, concentre le monde. Pour retrouver le côté havre de paix, visez tôt le matin ou la fin d’après-midi. La portion sud, à droite en arrivant, reste la plus tranquille, et c’est aussi là qu’on garde du soleil quand l’ombre des cocotiers gagne l’après-midi.
Si vous la trouvez noire de monde, la plage du Pain de Sucre, blottie au pied du morne volcanique à l’autre bout du bourg, propose une crique plus petite mais souvent plus calme, et un snorkeling tout aussi bon le long des roches.
On aime
- Baie protégée, eau plate et peu profonde, idéale avec des enfants
- Snorkeling facile dans l’herbier, sans bateau ni équipement lourd
- Ombre généreuse toute la journée et carbets pour pique-niquer
- Accessible à pied depuis le bourg
On aime moins
- Sargasses imprévisibles qui peuvent gâcher la journée
- Plage non surveillée et oursins royaux dans l’herbier
- Très fréquentée en milieu de journée
- Rien sur le sable au-delà de la paillote d’entrée
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Pompierre donne envie de comparer le sable clair et l’eau translucide ailleurs dans l’archipel. Si vous poussez jusqu’à Marie-Galante, deux plages jouent dans la même catégorie : la plage de la Feuillère, long ruban abrité et familial du côté de Capesterre, et l’anse Canot à Marie-Galante, plus sauvage vers Saint-Louis. De quoi prolonger la collection de baies au-delà des Saintes.
Questions fréquentes
La plage de Pompierre est-elle surveillée ?
Non, il n’y a pas de poste de secours. L’eau de la baie est calme et peu profonde, mais l’absence de surveillance et la présence d’oursins royaux dans l’herbier invitent à la prudence, en particulier avec de jeunes enfants.
Y a-t-il des sargasses à Pompierre en ce moment ?
Impossible à garantir à l’avance : les arrivages sont irréguliers. La municipalité nettoie mais dépend de leur ampleur. La saison sèche, de décembre à avril, est plus favorable. Le plus fiable reste de consulter des photos ou des avis récents avant de vous déplacer.
Peut-on visiter Pompierre à la journée depuis la Guadeloupe ?
Oui. La navette depuis Trois-Rivières met 15 à 20 minutes, celle de Pointe-à-Pitre 45 à 50. Prenez un départ matinal, sachant qu’aucune voiture ne monte sur l’île et qu’il faut encore 15 à 20 minutes de marche depuis le bourg pour atteindre la plage.
Peut-on manger ou acheter à boire sur place ?
Une paillote à l’entrée sert boissons et accras. Au-delà, il n’y a aucun commerce sur le sable : prévoyez de l’eau et un pique-nique. Des carbets et des tables sont aménagés pour s’installer.
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