Le nom dit tout : « cabesterre », dans le vocabulaire des marins du XVIIe siècle, désignait la terre exposée aux vents d’est. Capesterre-de-Marie-Galante encaisse donc l’Atlantique de face, et c’est pourtant ici que l’on trouve les baignades les plus calmes de l’île : les cayes, une barrière de corail posée à quelques centaines de mètres du rivage, cassent la houle et transforment toute la côte en lagon.
Ce paradoxe résume assez bien ce bourg de 3 123 habitants (population légale 2023), blotti entre la pointe de la Feuillère et la pointe du Gros Cap, à 45 minutes de bateau de Pointe-à-Pitre puis un quart d’heure de route. Marie-Galante est déjà l’escale la plus paisible que l’on décrive dans le guide de la Guadeloupe ; Capesterre en est la façade la plus discrète.
Pas d’hôtel-club, pas de front de mer aménagé : des cases aux toits rouges, un petit port de pêche, un plateau agricole que les habitants appellent « la campagne », et la plus grosse distillerie exportatrice de l’archipel. On vient ici pour ce que la Guadeloupe a de moins retouché, et c’est exactement ce qu’on trouve.

Que voir à Capesterre : rhum, moulins et falaises
La commune concentre l’essentiel du patrimoine sucrier de Marie-Galante, entre champs de canne, moulins et falaises calcaires. Trois sites justifient le détour à eux seuls ; pour la liste complète, sentiers et sorties en mer comprises, voyez que faire à Capesterre de Marie Galante.
La distillerie Bellevue, celle dont le moulin tourne encore
On retrouve sa trace sur des cartes de 1769, et le rhum y coule depuis 1821. Bellevue est la plus grande distillerie de l’île et le premier exportateur de rhum de la Guadeloupe, avec un blanc à 59° régulièrement médaillé au Concours Général Agricole. C’est aussi un domaine dit éco-positif : ses panneaux solaires produisent davantage d’électricité qu’il n’en consomme. Le moulin à vent restauré qui domine les cuves serait le seul de la Caraïbe dont les ailes tournent encore au gré des alizés.
La visite est libre et gratuite, dégustation offerte à la boutique, tous les jours en matinée (en général de 9 h à 13 h, dimanche compris). Venez tôt, et si possible entre janvier et juin : c’est la récolte de la canne, le site vit, les camions déchargent, ça sent le vesou.
Le moulin de Bézard et la mémoire sucrière
Construit en 1840 et inscrit aux monuments historiques en 1979, le moulin de Bézard a été restauré à l’identique, ailes comprises. C’est le témoin le plus complet de l’époque où Marie-Galante méritait son surnom d’île aux cent moulins. Dans le même registre, la commune abrite la grotte ornée de Morne-Rita, classée en 1983, occupée par des populations amérindiennes entre 800 et 1500, ainsi que trois indigoteries protégées à Grand Fond, Le Gouffre et Morne-à-Bœuf. Pour la route, la fabrique Moysan produit toujours son sirop de batterie à l’ancienne.
Les Galeries et le plateau des Hauts
Au nord du bourg, l’océan a creusé dans les falaises de vastes cavités, les Galeries, spectaculaires quand la houle s’y engouffre. L’arrière-pays grimpe jusqu’au morne Constant, 204 mètres, point culminant de l’île. Deux itinéraires valent l’effort : le sentier des Hauts de Capesterre côté campagne, et la trace littorale de la côte est vers la Pointe de Tali, balisée en jaune et blanc. Partez avant 8 h sur cette dernière : les cinq premiers kilomètres n’offrent quasiment aucune ombre. Les moins marcheurs peuvent découvrir la campagne en cabrouet, la charrette à bœufs traditionnelle.
Des plages calmes sur la côte au vent
Le littoral aligne trois ambiances sur une dizaine de kilomètres : le grand lagon, la crique familiale et les anses sauvages. On les passe toutes en revue dans les plages de Capesterre de Marie Galante ; voici l’essentiel pour choisir. Côté eau, les 4 sites de baignade contrôlés par l’ARS dans la commune sont tous classés en qualité excellente (saison 2025), mais la saison 2025-2026 a eu ses accrocs : prélèvements mauvais le 10 juin et le 29 juillet 2026 à la Feuillère et au point voisin de Bernard, et le 29 juillet à Petite Anse. Les Galets, au nord, n’ont eu que des résultats bons.
La plage de la Feuillère, à l’entrée du bourg, étire plus d’un kilomètre de sable blanc bordé de cocotiers face à un lagon turquoise fermé par la barrière de corail. Les tortues marines viennent y pondre à certaines périodes de l’année. C’est aussi le spot de kitesurf de l’île : vent sideshore, alizés réguliers mais légers (prévoyez des ailes de 10 à 12 m²), plan d’eau flat à clapoteux, quelques patates de corail à éviter. Des carbets et des restaurants les pieds dans l’eau bordent le sable, et le parking est gratuit.

À quelques minutes en direction de Grand-Bourg, Petite Anse joue la carte familiale : pente douce, eau peu profonde, et une institution en fond de plage pour le déjeuner. Plus au nord, l’Anse Feuillard et Taliseronde, dite plage des Galets, restent sauvages : aucun service, une houle qui rentre parfois, et un spot de surf réservé à ceux qui connaissent.
Attention. Aucune plage de Capesterre n’est surveillée. Restez dans le lagon, évitez les taches sombres (patates de corail) et ne vous installez pas sous les cocotiers chargés. La côte atlantique peut aussi recevoir des sargasses par épisodes : vérifiez les bulletins d’échouage avant de traverser.
Où manger et où dormir sans se tromper
L’offre est courte, à l’image de la commune, mais elle a du caractère : on mange le poisson livré par les casiers du jour, et on dort chez l’habitant bien plus souvent qu’à l’hôtel.
Les tables qui comptent
Le Touloulou, posé sur la plage de Petite Anse depuis près de 50 ans, sert une cuisine créole les pieds dans le sable : poissons des pêcheurs, ouassous coco, et le fameux bébélé marie-galantais à base de tripes et de dombrés. Comptez 15 à 24 € le plat hors boissons, avec des déjeuners en musique le dimanche. Dans le bourg, les petites adresses de la rue de la Marine assurent le quotidien, et les carbets de la Feuillère dépannent bien le midi. Horaires, prix et avis détaillés dans les meilleurs restaurants de Capesterre de Marie Galante.
Dormir côté campagne ou au-dessus du lagon
Pas de grande hôtellerie ici : deux hôtels seulement, 46 chambres au total, dont 36 dans un établissement classé 3 étoiles, et pour le reste des gîtes, des villas et des bungalows chez l’habitant, dans les hauteurs ou face à la mer. Les tarifs restent doux hors vacances scolaires, mais l’offre est limitée : pour un séjour entre décembre et avril, réservez plusieurs mois à l’avance. Notre comparatif est dans où dormir à Capesterre de Marie Galante.
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Capesterre en données : 40 % d’habitants en moins depuis 1975, et ce que ça change pour vous
Les statistiques publiques racontent une commune rurale qui se vide lentement, mais qui garde la plus grosse capacité hôtelière de Marie-Galante, une eau de baignade irréprochable et un patrimoine protégé hors de proportion avec sa taille.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Population municipale 2023 | 3 123 habitants, en baisse de 5,6 % depuis 2015 (5 146 au pic de 1975) |
| Superficie | 46 km² |
| Densité | 67 habitants au km² |
| Accès | bateau de Pointe-à-Pitre à Grand-Bourg, puis 12 km de route depuis le port |
| Pluie annuelle | 1 488 mm, 161 jours d’au moins 1 mm (station Capesterre-de-Marie-Galante Vidon, 146 m, moyenne 1991-2020 sur 24 années complètes) |
| Hôtels au 1er janvier 2026 | 2, dont 1 classé 3 étoiles ; 46 chambres |
| Résidences secondaires et logements occasionnels | 362, soit 14,7 % des 2 455 logements (175 en 2012) |
| Logements vacants | 475, soit 19,3 % |
| Restaurants (restauration rapide comprise) | 31 |
| Sites de baignade contrôlés par l’ARS (2024) | 4, tous en qualité excellente |
| Monuments historiques protégés | 5 (1 classé, 4 inscrits), 6e des 32 communes |
La commune comptait 5 146 habitants en 1975, elle en a 3 123 : près de 40 % de moins, et la baisse continue (-5,6 % depuis 2015). Un logement sur cinq est vacant. Pour le voyageur, ce vide a une contrepartie : les résidences secondaires et meublés ont doublé depuis 2012 (de 175 à 362), à mesure que des maisons de famille deviennent des gîtes. L’offre de location progresse donc, mais reste mince : 14,7 % des logements, contre 41 % à Deshaies.
Côté hôtels, les 46 chambres de Capesterre en font pourtant la première capacité hôtelière de Marie-Galante, devant Grand-Bourg (25) et Saint-Louis (17). À l’échelle de l’île entière, cela reste moins de 90 chambres d’hôtel : aux vacances de Noël, de février et de Pâques, tout se joue plusieurs mois à l’avance, hôtel comme gîte.
Pour un séjour en autonomie, la base des équipements de l’INSEE recense dans la commune 31 restaurants, 13 supérettes ou épiceries, 5 boulangeries, 7 loueurs de voitures, une pharmacie, une station-service et un seul médecin généraliste, mais ni supermarché, ni agence bancaire, ni point d’information touristique. Retirez du liquide et faites les courses à Grand-Bourg (3 agences bancaires, un supermarché) en descendant du bateau, et emportez vos traitements habituels : les services d’urgence de l’île sont à Grand-Bourg.
La pluie, enfin, dépend de l’altitude. La station de Vidon, sur le plateau à 146 m, relève 1 488 mm par an : un peu moins que l’aéroport du Raizet (1 558 mm), mais nettement plus que Grand-Bourg au bord de mer (1 245 mm). Février, mars et avril sont les mois les plus secs (63 à 90 mm), septembre, octobre et novembre les plus arrosés (169 à 186 mm). Un gîte dans « la campagne » sera plus vert et plus frais, une location sur le littoral plus ensoleillée.
Cinq monuments historiques pour une commune de cette taille, c’est le 6e total des 32 communes de Guadeloupe. Tous ne se visitent pas. Le moulin de Bézard, inscrit en 1979 et propriété de la commune, est le plus facile à voir. La grotte ornée de Morne-Rita, seul monument classé (1983), est fermée au public pour protéger ses pétroglyphes. Les indigoteries du Gouffre et de Morne-à-Bœuf, inscrites en 2013, appartiennent à un établissement public de l’État ; celle de Grand Fond est une propriété privée, à ne pas visiter sans y être invité.
Sources : INSEE (populations légales 2023, recensement 2023, base permanente des équipements 2025, capacité d’hébergement touristique 2026, fiche INSEE de Capesterre-de-Marie-Galante), Météo-France (relevés mensuels des stations Capesterre-de-Marie-Galante Vidon et Grand-Bourg, moyennes calculées sur 1991-2020), ministère de la Culture (base Mérimée), ministère de la Santé (eaux de baignade, saison 2024), IGN (superficie, itinéraire). Données consultées le 6 octobre 2026.
Venir à Capesterre et circuler sur l’île
Tout passe par la mer. Depuis la gare maritime de Bergevin à Pointe-à-Pitre, plusieurs rotations quotidiennes rejoignent Grand-Bourg en 45 minutes à 1 heure, premier départ vers 8 h 15, billets à partir d’environ 25 € l’aller et autour de 45 € l’aller-retour adulte selon la compagnie et la saison. Passagers piétons uniquement : impossible d’embarquer sa voiture, on loue voiture ou scooter à l’arrivée, et mieux vaut réserver le véhicule en même temps que le bateau, le parc est limité. Le débarcadère de Grand-Bourg est à 12 km du bourg de Capesterre, un bon quart d’heure de route. Si le bateau du retour vous laisse un battement, l’Habitation Murat est à cinq minutes du port, et le reste de nos repérages tient en une page : que voir à Grand-Bourg.
Une liaison saisonnière relie aussi Saint-François, en Grande-Terre, au port de Saint-Louis en une heure environ. Si vous débarquez par ce côté-là, découvrez d’abord ce qu’il y a à voir à Saint-Louis, puis traversez l’île par la RN9 : comptez 25 à 30 minutes jusqu’à Capesterre.
Bon à savoir. L’excursion à la journée fonctionne, mais une nuit sur place change tout : les visiteurs du jour repartent vers 16 h, et vous gardez pour vous les plages du soir, le marché du matin et les ti-punchs du bourg.
Les communes voisines de Capesterre-de-Marie-Galante
Les voisines de Capesterre-de-Marie-Galante, sur l’île ou à une traversée. Distances par la route d’une mairie à l’autre (calcul IGN).
12 km par la routeGrand-BourgHabitation Murat et plage de Folle AnseVoir le guide
21 km par la routeSaint-LouisAnse Canot et Gueule Grand GouffreVoir le guide
En bateauLa DésiradeL’île sauvage au large de Saint-FrançoisVoir le guide
Questions fréquentes
Peut-on visiter Capesterre-de-Marie-Galante à la journée ?
Oui. Premier bateau vers 8 h 15 depuis Pointe-à-Pitre, arrivée à Grand-Bourg vers 9 h, location de voiture, distillerie Bellevue avant sa fermeture de 13 h, déjeuner à Petite Anse ou sur la Feuillère, baignade, retour en fin d’après-midi. Le programme tient, mais il se vit au pas de course : une nuit sur place reste la bonne formule.
La plage de la Feuillère convient-elle aux enfants ?
Le lagon est peu profond, protégé par la barrière de corail, avec une pente douce : parfait pour la baignade en famille. La plage n’est en revanche pas surveillée : gardez les enfants près du bord, à distance de la zone de kitesurf, plutôt le matin quand le vent est faible. Petite Anse est l’alternative la plus tranquille.
Quelle est la meilleure période pour venir ?
La saison sèche, de décembre à avril : mer calme, alizés agréables, et la récolte de la canne à partir de janvier qui fait tourner les distilleries à plein régime. Février, mars et avril sont les mois les moins arrosés (63 à 90 mm en moyenne à la station de Vidon). Le 26 juillet, la fête patronale de la Sainte-Anne anime le bourg. De septembre à novembre, les mois les plus humides (près de 180 mm par mois), s’ajoute un vrai risque cyclonique jusqu’à fin novembre : à éviter si vos dates sont flexibles.
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