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La Désirade : bateau depuis Saint-François, plages, que faire

La Désirade se mérite : pas de pont, pas de ligne aérienne régulière, seulement un bateau depuis Saint-François, et pas tous les jours aux mêmes heures. Au bout de 45 à 50 minutes de traversée, on débarque sur une île de 11 km de long où vivent 1 306 habitants (INSEE, 2023), soit moins que la population d’un quartier de Pointe-à-Pitre. Pas de feu rouge, une seule route, des cabris sur le bas-côté et un plateau calcaire brûlé de soleil qui domine tout le littoral sud.

C’est aussi l’une des communes les plus sèches de l’archipel : 1 201 mm de pluie par an à la station Météo-France du bourg, moins qu’à Saint-François où l’on embarque. Le paradoxe tient là : l’île la plus isolée que couvre le guide de la Guadeloupe est aussi l’une des plus simples à vivre, à condition de caler son séjour sur deux variables que personne ne contrôle sur place : les horaires du bateau et le soleil de midi sur un plateau sans ombre.

Traversée
45 à 50 min
Habitants (2023)
1 306
Pluie
1 201 mm/an
Bateau A/R adulte
39 €

Bateau pour la Désirade : pourquoi le jour de départ compte autant que l’heure

Tout part de la gare maritime de Saint-François, le seul port qui dessert l’île. La compagnie qui publie un planning complet en octobre 2026 est Comadile, avec deux navires, l’Archipel I et le Saint-Germain. Son tableau a une particularité qui piège beaucoup de visiteurs : le mardi et le jeudi, il n’y a pas de départ le matin depuis Saint-François.

JourDéparts de Saint-FrançoisDéparts de la Désirade
Lundi, mercredi, vendredi8 h 00 et 17 h 006 h 15 et 16 h 00
Mardi, jeudi12 h 306 h 15
Samedi, dimanche8 h 15 et 17 h 007 h 00 et 16 h 00
Horaires Comadile publiés sur comadile.fr, relevés le 6 octobre 2026. Planning susceptible d’être modifié : vérifiez la veille.

L’excursion à la journée n’est possible que le lundi, le mercredi, le vendredi et le week-end : départ à 8 h ou 8 h 15, retour par le bateau de 16 h, ce qui laisse environ sept heures sur l’île. Le mardi et le jeudi, le seul bateau de la journée part à 12 h 30 et ne revient que le lendemain matin à 6 h 15 : ces jours-là, on vient pour dormir sur place. Le bateau de 17 h permet d’arriver le soir, pratique si votre avion atterrit en début d’après-midi.

Le tarif affiché par Comadile est de 39 € l’aller-retour adulte et 25 € pour un enfant, en billets non modifiables et non remboursables. La réservation se fait sur la billetterie en ligne de Comadile. La mairie de la Désirade cite une seconde compagnie, Sademar, dont le site met aujourd’hui en avant des excursions vers Petite-Terre et la Désirade plutôt qu’une navette à heures fixes : appelez-la directement si ses dates vous arrangent mieux.

Attention. La traversée se fait côté Atlantique et la mer y est souvent formée quand l’alizé souffle fort. Si vous êtes sujet au mal de mer, prenez vos précautions avant d’embarquer et installez-vous au centre du bateau, le regard sur l’horizon. Les jours de Noël et du Nouvel An, la mairie conseille de vérifier les rotations.

Et l’avion ? L’île possède un aérodrome à Grande-Anse, avec une piste de 600 m, mais aucune compagnie n’y assure de ligne régulière : il ne reçoit que des avions légers, en vol privé ou en location avec pilote. Pour un voyageur, le bateau reste la seule option réaliste.

Que faire à la Désirade en une journée sans courir

Sept heures suffisent pour voir l’essentiel si l’on suit l’ordre de la chaleur : la colline et le plateau tôt le matin, la route de l’est en fin de matinée, la plage l’après-midi en attendant le bateau. Le détail des balades, des sorties en mer et des loueurs est sur notre page que faire à la Désirade.

La chapelle du Calvaire et le plateau de la Grande Montagne

Depuis Beauséjour, la route du Calvaire monte en 40 minutes environ à la chapelle Notre-Dame du Calvaire, construite en 1905, en suivant les croix d’un chemin de croix encore utilisé lors des fêtes religieuses. La vue embrasse le bourg, le lagon et, par temps clair, les îles voisines. Les plus motivés continuent par le sentier du plateau, qui traverse l’île d’ouest en est en 2 h à 2 h 30 et passe près de la Grande Montagne, point culminant à 275 m. Partez avant 8 h si vous dormez sur place : il n’y a quasiment aucune ombre là-haut.

La pointe Doublé, le phare et la réserve géologique

Au bout de la route, à l’extrémité est, la réserve naturelle nationale de la Désirade, créée en 2011, protège 62 hectares de roches parmi les plus anciennes des Petites Antilles, entre la pointe Doublé et la pointe du Grand Abaque. Le sentier Montana, inauguré en 2015, y dessine une boucle dans une savane rase battue par le vent. On y passe devant le phare et l’ancienne station météorologique de 1945, un bâtiment en béton au style paquebot aujourd’hui protégé. Ici, l’Atlantique cogne fort : on regarde, on ne se baigne pas.

Baie-Mahault, la léproserie et le bourg de Beauséjour

Sur le chemin du retour, la section de Baie-Mahault garde les ruines de l’ancienne léproserie, où furent envoyés les premiers malades en 1728 et qui ferma dans les années 1950 : il reste des murs sans toit, une chapelle et un four en pierre. L’histoire de l’île comme terre d’exil se lit mieux là qu’ailleurs. De retour à Beauséjour, passez par l’église Notre-Dame-du-Bon-Secours, en bois, et le cimetière marin aux tombes ornées de coquillages, avant de finir sur le sable.

Si vous venez début avril, visez la Fèt a Kabrit, la fête du cabri qui anime la plage à Fifi depuis plus de vingt ans (21e édition du 3 au 5 avril 2026) : dégustations, jeux traditionnels et animations nautiques. Ce week-end-là, réservez bateau et hébergement tôt.

Plages de la Désirade : la côte sud se baigne, la côte nord se regarde

L’île a deux visages. Au sud, entre Beauséjour et Baie-Mahault, une barrière de corail casse la houle et protège des plages de sable clair bordées de cocotiers et de raisiniers. Au nord, des falaises et des galets battus par l’Atlantique, splendides depuis les sentiers mais pas faits pour nager.

Bonne nouvelle pour la qualité de l’eau : les trois sites de baignade suivis par l’Agence régionale de santé, Fifi, Souffleur et Baie-Mahault, sont tous classés en qualité excellente (saison 2025) ; en 2025-2026, Fifi a toutefois eu trois résultats moyens, quand le Souffleur et Baie-Mahault n’ont eu que des résultats bons. La plage à Fifi, à environ 200 m du débarcadère, est la plus pratique pour une journée : restaurants les pieds dans le sable et eau calme. Le Souffleur, au centre de l’île, est la plus belle aux yeux de beaucoup, avec ses carbets, ses douches et ses toilettes. Plus à l’est, sur la route de Baie-Mahault, la petite plage de Petite Rivière est souvent déserte. Notre comparatif détaille les plages de la Désirade une par une, avec l’ombre, l’accès et les spots de snorkeling.

Petite-Terre fait partie de la commune de la Désirade, mais ne se rejoint pas depuis Beauséjour : ces deux îlets inhabités, classés en réserve naturelle depuis 1998, se visitent uniquement avec les excursions autorisées au départ de Saint-François. Iguanes des Petites Antilles, lagon et tortues : tout est expliqué sur notre page consacrée à Petite-Terre.

Où manger à la Désirade : la langouste au bord du lagon

L’INSEE ne recense que 13 restaurants sur l’île, restauration rapide comprise : le choix est court, surtout en basse saison. Les deux tables les plus faciles d’accès pour une journée sont sur la plage à Fifi, à deux pas du bateau. Lagranlag sert langouste grillée, fricassée de lambi et poisson frais dans des cases colorées face à la mer ; c’est le restaurant partenaire de l’hôtel Oasis. Juste à côté, La Payotte occupe une case créole sur le sable, réputée pour son gratin à la mode désiradienne.

Hors saison, et en particulier en octobre, certaines tables réduisent leurs jours d’ouverture : appelez la veille plutôt que de compter sur un déjeuner improvisé. Pour les adresses, les horaires et les plats à goûter, voyez les meilleurs restaurants de la Désirade.

Dormir à la Désirade : aucun hôtel classé, mais un logement sur trois en location

Rester au moins une nuit change tout : on voit l’île sans les passagers du bateau du matin, on marche à la fraîche et on assiste au retour des pêcheurs. L’INSEE ne compte aucun hôtel classé. L’hôtel le plus connu, l’Oasis à Beauséjour, propose des chambres doubles, triples et familiales autour d’une piscine. Tout le reste, ce sont des gîtes, studios et maisons répartis entre Beauséjour, le Souffleur, Baie-Mahault et les Galets : la mairie en liste 26.

Ce parc est en pleine croissance : les résidences secondaires et logements occasionnels sont passés de 168 en 2012 à 409 en 2023, soit 35,2 % des logements. En haute saison et pendant la Fèt a Kabrit, il part vite. Pour choisir, notre page où dormir à la Désirade trie les adresses par quartier et par budget.

Voir les hébergements à la Désirade

Certains liens de cette page sont affiliés. Réserver via ces liens ne change rien à votre prix et soutient le guide. Nos avis restent indépendants et basés sur le terrain.

La Désirade en données : moins de pluie qu’à Saint-François, et une île qui se vide

Les bases publiques dessinent une île sèche, peu peuplée et de plus en plus tournée vers la location saisonnière. Voici ce que ces chiffres changent pour un séjour.

IndicateurValeur
Population 20231 306 habitants (−11,8 % depuis 2015, pic à 1 682 en 1975)
Superficie21 km²
Densité62 hab./km² (31e sur 32)
Altitude de la mairie8 m
Accèsbateau depuis Saint-François uniquement, 45 à 50 min
Pluie annuelle, station La Désirade Gendarmerie (7 m), 1991-20201 201 mm, 150 jours de pluie (27e sur 29 communes)
Résidences secondaires et logements occasionnels35,2 % des logements, 409 sur 1 159 (2e sur 32)
Sites de baignade surveillés (saison 2024)3, tous en qualité excellente
Monuments historiques protégés3 inscrits
Restaurants recensés13 (30e sur 32)
Commerces et santé1 supermarché, 7 épiceries, 1 pharmacie, 2 médecins généralistes
Station-service, agences bancaires1 station, aucune agence bancaire recensée

Une île sèche, donc chaude et sans ombre. Avec 1 201 mm par an en moyenne 1991-2020 (calculée sur les relevés Météo-France de la station La Désirade Gendarmerie), l’île reçoit près d’un quart de pluie de moins que l’aéroport du Raizet (1 558 mm) et moins que Saint-François (1 282 mm). La seconde station de l’île, La Désirade Météo (27 m), donne même 1 072 mm sur ses 14 années complètes, avec des maxima moyens de 30,1 °C. Il pleut quand même au moins 1 mm 150 jours par an, mais ce sont surtout des grains brefs. Conséquence pratique : le plateau se marche tôt, avec de l’eau en quantité, un chapeau et de la crème solaire, et la saison sèche de décembre à avril est la plus confortable pour randonner.

Moins d’habitants, plus de locations. La population a reculé de 1 481 habitants en 2015 à 1 306 en 2023, loin du pic de 1 682 atteint en 1975. Dans le même temps, les résidences secondaires ont plus que doublé : avec 35,2 % des logements, la Désirade est la deuxième commune de Guadeloupe sur ce critère, juste derrière Deshaies (41,2 %) et devant Saint-François (34 %). Pour le voyageur, cela veut dire une offre de gîtes et de maisons plus large que la taille de l’île ne le laisse penser, mais des services calibrés pour 1 300 résidents.

Des services à anticiper. La base permanente des équipements de l’INSEE ne recense sur l’île qu’un supermarché, sept épiceries, trois boulangeries, deux poissonneries, une seule station-service, une pharmacie, deux médecins généralistes et aucune agence bancaire, seulement un bureau de poste. Il n’y a pas non plus de service d’urgences. Retirez des espèces à Saint-François avant d’embarquer, emportez vos médicaments, et faites le plein de votre scooter dès la location.

Un patrimoine modeste mais visible. Les trois immeubles inscrits aux monuments historiques se voient tous de l’extérieur. L’église Notre-Dame-du-Bon-Secours de Beauséjour, reconstruite en 1935 avec une charpente et des élévations en bois, est inscrite depuis 2013 (notice Mérimée de l’église). L’ancienne station météorologique de 1945, à l’est de l’île, inscrite en 2008, est un rare exemple de béton de style paquebot dans l’archipel (notice Mérimée de la station). Le troisième, le phare de Petite-Terre, du XIXe siècle, inscrit en 2002, se découvre lors d’une excursion sur les îlets.

Sources : INSEE (populations légales 2023, recensement 2023, base permanente des équipements 2025, capacité d’hébergement touristique 2026), Météo-France (relevés mensuels des stations La Désirade Gendarmerie et La Désirade Météo, moyennes calculées sur les années complètes), ministère de la Culture (base Mérimée), ministère de la Santé (eaux de baignade, saison 2024), IGN. Données consultées le 6 octobre 2026. Le détail communal est sur la fiche INSEE de la Désirade.

Se déplacer sur l’île : scooter, voiture ou vélo ?

Une route longe la côte sud de Beauséjour jusqu’à la pointe est, sur une dizaine de kilomètres. À pied, on se limite au bourg, au Calvaire et à la plage à Fifi. Pour aller jusqu’à la réserve et revenir dans la journée, il faut un véhicule : l’INSEE compte six loueurs sur l’île, qui proposent voitures, scooters, quads et vélos, électriques compris. Le scooter est le meilleur compromis pour une journée ; la voiture devient utile en famille ou si vous logez à Baie-Mahault.

Les communes voisines de La Désirade

Les voisines de La Désirade, sur l’île ou à une traversée. Distances par la route d’une mairie à l’autre (calcul IGN).

Questions fréquentes

Peut-on visiter la Désirade dans la journée ?

Oui, le lundi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche : bateau de 8 h (8 h 15 le week-end) au départ de Saint-François, retour à 16 h, soit environ sept heures sur place. Le mardi et le jeudi, le seul départ de Saint-François est à 12 h 30, sans retour le jour même : il faut alors dormir sur l’île.

Combien coûte le bateau pour la Désirade ?

Chez Comadile, l’aller-retour coûte 39 € pour un adulte et 25 € pour un enfant, en tarifs non modifiables et non remboursables, d’après la grille publiée en octobre 2026. Ajoutez la location d’un scooter ou d’une voiture sur place si vous voulez aller jusqu’à la pointe Doublé.

Pleut-il beaucoup à la Désirade ?

Non : 1 201 mm par an en moyenne 1991-2020 à la station La Désirade Gendarmerie, contre 1 558 mm à l’aéroport du Raizet. C’est l’une des trois communes les plus sèches sur les 29 dotées d’une station Météo-France. Les averses existent, environ 150 jours par an, mais elles sont courtes. Le vrai risque, c’est le coup de soleil.

Peut-on aller à la Désirade en avion ?

Pas en vol régulier. L’aérodrome de Grande-Anse a une piste de 600 m réservée aux avions légers et ne reçoit que des vols privés ou des locations avec pilote, à un tarif sans commune mesure avec le bateau.

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