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Les Saintes en Guadeloupe : que faire, ferry et plages

Neuf îles et îlets posés au sud de la Guadeloupe, deux seulement habités, et une baie que l’Unesco range parmi les plus belles du monde : l’archipel des Saintes tient dans un mouchoir de poche, à une vingtaine de minutes de bateau de Trois-Rivières. Terre-de-Haut concentre les cartes postales, Terre-de-Bas garde le silence.

Le réflexe classique : débarquer à la journée, monter au Fort Napoléon, plonger au Pain de Sucre, repartir le soir. C’est déjà beau, mais c’est passer à côté du rythme saintois. Avant de choisir votre île et votre durée, situez la destination dans notre guide complet de la Guadeloupe : les Saintes se combinent naturellement avec Basse-Terre, la voiture reste sur le continent, et tout se joue sur deux variables, l’île où poser ses valises et le nombre de nuits.

Depuis Trois-Rivières
~20 min
Îles habitées
2 sur 9
Point culminant
Le Chameau, 309 m
Saison sèche
Déc – Avr

Terre-de-Haut ou Terre-de-Bas : laquelle choisir

Les deux îles habitées ne se ressemblent pas. Le canal des Saintes les sépare, et l’ambiance bascule d’une rive à l’autre. Le choix dépend de ce que vous cherchez : l’animation ou le silence.

Terre-de-Haut, le cœur vivant de l’archipel

C’est l’île des cartes postales, et la plus simple pour une première visite. Le bourg s’étire en longueur le long de la baie, ponctué de cases en bois colorées et d’une église en pierre volcanique. On y trouve la majorité des restaurants, des hébergements et des loueurs de scooters ou de vélos. L’île de Terre-de-Haut réunit aussi les sites les plus photographiés : le Fort Napoléon, le Pain de Sucre, la plage de Pompierre. Revers de la médaille, elle se remplit vite les jours d’affluence, surtout quand plusieurs ferries débarquent en même temps vers 10h.

Terre-de-Bas, la face sauvage et discrète

À dix minutes de navette maritime, l’autre île vit à un tout autre tempo. Peu de touristes, des plages restées brutes, un quotidien rythmé par la pêche. Terre-de-Bas se prête aux marcheurs et à ceux qui fuient la foule : la Grande Anse, l’anse des Mûriers, le tour de l’île à pied. Pas de fort ni de grand site à cocher, juste la Guadeloupe des pêcheurs telle qu’elle se vivait avant le tourisme. Prévoyez d’y dormir ou d’y consacrer une vraie demi-journée, car les liaisons entre les deux îles se comptent sur les doigts d’une main.

Ce qu’on vient voir sur Terre-de-Haut

L’essentiel de l’île se visite en une journée bien remplie. Trois sites reviennent dans tous les carnets de route, et ils méritent leur réputation.

Le Fort Napoléon et ses iguanes

Perché au-dessus de la baie sur le morne Mire, à environ 114 mètres, le fort domine tout l’archipel. Classé monument historique, il abrite un musée sur l’histoire militaire et la culture saintoise, plus un jardin de cactées où les iguanes des Petites Antilles circulent librement entre les remparts. La vue sur la baie compte parmi les plus complètes de l’île. Comptez 15 à 30 minutes de montée depuis le bourg, à pied ou en voiturette, et de 5 à 7 € l’entrée pour un adulte, 3 € pour un enfant.

Attention. Le Fort Napoléon n’ouvre en général que le matin, de 9h à 12h30. Beaucoup de visiteurs arrivent l’après-midi et trouvent porte close. Montez-y en début de journée, la fraîcheur rend l’ascension plus douce.

Le morne du Chameau, le toit des Saintes

À 309 mètres, c’est le point culminant de l’archipel. Le sentier part du sud du bourg et grimpe en lacets pendant une bonne heure, à travers une forêt sèche typique des mornes antillais. Au sommet, une tour de guet de 1843 rappelle le passé militaire du site, et le panorama s’ouvre à 360° sur Marie-Galante, Terre-de-Bas et, par temps clair, la Dominique. La montée se mérite sous le soleil : partez tôt, emportez de l’eau, oubliez les tongs.

Le bourg et le tourment d’amour

Entre deux sites, le bourg de Terre-de-Haut se savoure à pied. Ruelles étroites, cases créoles, boutiques d’artisans et front de mer face aux voiliers. C’est là qu’on goûte le tourment d’amour, la petite tartelette fourrée à la noix de coco (parfois banane ou goyave) que les Saintoises vendent encore tièdes près du port. Pour explorer plus loin sans marcher, on loue une voiturette électrique, un scooter ou un vélo : les activités à faire aux Saintes tiennent presque toutes dans un rayon de quelques kilomètres.

Les plages, de Pompierre au Pain de Sucre

Les plages font une bonne part de la réputation des Saintes. Toutes sont accessibles à pied ou en voiturette depuis le bourg de Terre-de-Haut, et chacune a son caractère.

La plage de Pompierre est la préférée des familles : un croissant de sable bordé de cocotiers, fermé par les Roches Percées, avec une eau calme et peu profonde. Des carbets en bois permettent de pique-niquer à l’ombre, et les iguanes ne sont jamais loin. Comptez une vingtaine de minutes de marche depuis le port.

Le Pain de Sucre, dominé par sa colline de colonnes basaltiques qui plongent dans la mer, est le spot snorkeling de l’île. Petite plage, eau claire, poissons colorés et parfois des tortues sur les fonds rocheux. Juste à côté, Petite Anse offre le même décor volcanique. Pour se sentir seul au monde, poussez jusqu’à l’Anse Crawen, à l’écart au sud-ouest : le naturisme y est désormais interdit, mais la tranquillité est restée.

On aime

  • Eau calme et peu profonde à Pompierre, parfaite en famille
  • Le snorkeling au Pain de Sucre, tortues possibles tôt le matin
  • Tout se rejoint à pied ou en voiturette depuis le bourg

On aime moins

  • Peu d’ombre en dehors des carbets
  • Pompierre se remplit vite en haute saison
  • Des sargasses possibles selon les vents

Sargasses. Comme partout aux Antilles, des échouages d’algues peuvent toucher certaines plages selon les vents et la saison. La baie des Saintes reste souvent épargnée grâce à son orientation, mais vérifiez l’état du jour avant de fixer votre programme.

Où manger et où dormir sur place

L’offre reste à taille humaine, sans grand complexe hôtelier ni chaîne. C’est justement ce qui fait le charme des Saintes, à condition de réserver tôt en haute saison.

Côté table, le port de Terre-de-Haut concentre la plupart des restaurants : poisson grillé, ouassous, accras, sorbet coco et le fameux tourment d’amour en dessert. Les adresses sont petites et les terrasses se remplissent vite le midi, quand les visiteurs à la journée déjeunent avant le ferry du retour.

Pour l’hébergement, comptez sur des gîtes, des bungalows et quelques petits hôtels de charme, souvent à partir d’environ 75 € la nuit pour deux selon la saison. Dormir sur place change tout : une fois les ferries repartis en fin d’après-midi, l’île se vide et retrouve son calme. C’est le meilleur moment pour un coucher de soleil sur la baie, un verre en main.

Comment aller aux Saintes et s’y déplacer

Les Saintes ne se rejoignent que par bateau (ou par un petit avion confidentiel). Le point de départ change surtout la durée et le prix de la traversée.

DépartDuréeFréquencePrix indicatif (aller simple)
Trois-Rivières (Basse-Terre)~20 à 25 minjusqu’à 5 / jour~15 à 20 €
Pointe-à-Pitre (Grande-Terre)~1 hquelques départs / semaine~25 à 35 €
Saint-François (Grande-Terre)~1 hsaisonniervariable

La commune de Trois-Rivières, au sud de Basse-Terre, reste le départ le plus court et le moins cher, assuré par CTM Deher et FRS Alizés. Le premier ferry part vers 7h45. Depuis Pointe-à-Pitre, l’Express des Îles met environ une heure, une option pratique si vous logez en Grande-Terre. Dans tous les cas, réservez en ligne : c’est moins cher qu’au guichet. Vérifiez surtout l’horaire du dernier retour le jour de votre départ, sous peine de rester bloqué une nuit de plus, ce qui n’est pas la pire des punitions.

Sur place, oubliez la voiture : à Terre-de-Haut, les véhicules de tourisme n’ont pas leur place et on ne loue pas d’auto. Le bourg et les plages proches se font à pied. Pour le Fort Napoléon, le départ du Chameau ou l’Anse Crawen, une voiturette électrique ou un scooter fait gagner du temps et de la sueur. Le vélo reste l’option la plus dans l’esprit de l’île.

Bon à savoir. Voiturettes et scooters partent vite en haute saison. Réservez la veille si vous débarquez au premier ferry, vous éviterez de perdre une heure à chercher un loueur disponible.

Combien de temps rester et quand venir

La question qui change tout le séjour. Les Saintes se voient en une journée, mais elles se vivent en plusieurs.

En une journée, vous cochez l’essentiel de Terre-de-Haut : le bourg, le Fort Napoléon et une plage, à condition de partir au premier ferry. Deux jours ouvrent la porte au Chameau et à une escapade sur Terre-de-Bas. Trois à quatre jours laissent le temps de l’Anse Crawen, de l’îlet à Cabrit, et surtout de ce rythme lent qui fait tout le sel de l’archipel.

Pour la saison, visez de décembre à avril : période sèche, ciel dégagé, mer clémente, mais aussi haute saison, donc plus de monde et des hébergements à réserver en avance. De juin à novembre, l’affluence baisse et les prix aussi, au prix d’un risque de pluie et de houle plus marqué.

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Questions fréquentes

Peut-on visiter les Saintes à la journée ?

Oui, c’est même le format le plus courant. En partant au premier ferry de Trois-Rivières, vous avez le temps du bourg, du Fort Napoléon et d’une plage. Pour le Chameau, Terre-de-Bas ou simplement le calme du soir une fois les bateaux repartis, il faut y dormir.

Quel départ de ferry choisir ?

Trois-Rivières, au sud de Basse-Terre, offre la traversée la plus courte et la moins chère, autour de 20 minutes. Pointe-à-Pitre convient mieux si vous logez en Grande-Terre, pour environ une heure de mer. Saint-François propose aussi des liaisons, plus saisonnières.

Y a-t-il des voitures aux Saintes ?

Non, pas pour les visiteurs. Terre-de-Haut se parcourt à pied, en vélo, en scooter ou en voiturette électrique. C’est aussi ce qui rend l’île si paisible, sans le bruit ni la circulation du continent.

Le Fort Napoléon est-il ouvert toute la journée ?

Non. Il n’ouvre en général que le matin, autour de 9h à 12h30, pour 5 à 7 € l’entrée. Arrivez tôt : la montée est plus agréable à la fraîche, et vous éviterez de trouver le site fermé l’après-midi.

Terre-de-Haut ou Terre-de-Bas pour une première fois ?

Terre-de-Haut, sans hésiter : elle réunit les sites emblématiques et toute la logistique (ferries, restaurants, loueurs). Gardez Terre-de-Bas pour un deuxième passage, ou si vous cherchez avant tout la tranquillité et la nature brute.

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