Vingt minutes de ferry séparent Trois-Rivières de Terre-de-Haut, l’île principale des Saintes. En débarquant, vous laissez la voiture au port : elle reste en Guadeloupe, les véhicules ne montent pas à bord. Marie-Galante, à l’inverse, fait 158 km² et se traverse au volant. Voilà le vrai départage entre ces deux îles de l’archipel, avant même de parler de plages ou de rhum : l’une se vit à pied ou en voiturette, l’autre se roule.
Les deux appartiennent au même archipel guadeloupéen et se visitent facilement à la journée, mais elles ne se ressemblent pas. Avant de trancher, il vaut la peine de resituer chacune parmi les autres îles à visiter autour de la Guadeloupe. Le choix dépend surtout de ce que vous cherchez : une carte postale concentrée et animée, ou une grande île rurale où le temps ralentit. Le facteur numéro un n’est pas la beauté, elles en ont chacune à revendre, mais le temps dont vous disposez et la façon dont vous aimez bouger.
Deux îles que tout oppose (ou presque)
Les Saintes forment un petit archipel montagneux dont Terre-de-Haut, la partie touristique, se parcourt à pied en une journée. Village de pêcheurs coloré, criques turquoise, baie classée parmi les plus belles du monde : c’est intense, photogénique et fréquenté. Marie-Galante joue la partition inverse. Surnommée la Grande Galette pour sa forme ronde et plate, elle aligne des champs de canne à perte de vue, des plages immenses souvent désertes et un rythme lent, avec à peine 11 000 habitants sur 158 km².
Le tableau ci-dessous résume ce qui compte vraiment pour choisir. Le détail de chaque ligne suit dans les sections suivantes.
| Critère | Les Saintes (Terre-de-Haut) | Marie-Galante |
|---|---|---|
| Taille et relief | Archipel montagneux, île principale minuscule | 158 km², plate, la « Grande Galette » |
| Ambiance | Village de carte postale, animé, touristique | Rurale, authentique, très peu de monde |
| Y aller | Ferry de Trois-Rivières (~20 min) ou de Pointe-à-Pitre (~1 h) | Ferry de Pointe-à-Pitre (~45 min à 1 h) |
| Sur place | À pied, scooter ou voiturette électrique | Voiture ou scooter indispensables |
| Plages | Petites criques (Pompierre, Pain de Sucre) | Grands rubans sauvages (Feuillère, Anse Canot) |
| À voir | Fort Napoléon, la baie, le Chameau | Distilleries, moulins, Gueule Grand Gouffre |
| Durée idéale | 1 à 2 jours | 2 à 3 jours |
| Coup de cœur pour | Couples, photographes, snorkeling | Amateurs de rhum, nature, tranquillité |
La règle simple. Une seule journée et l’envie d’une claque visuelle : prenez Les Saintes. Deux jours ou plus et le goût de l’authentique : cap sur Marie-Galante.
Les Saintes : la carte postale qui se visite à pied
L’archipel compte neuf îles, deux habitées : Terre-de-Haut, la vitrine touristique, et Terre-de-Bas, plus sauvage et confidentielle. Presque tout se concentre sur Terre-de-Haut, où l’on circule à pied, en scooter ou en voiturette électrique. La baie des Saintes, elle, se passe de commentaire : c’est le genre de panorama qui justifie à lui seul la traversée.


Le site à ne pas manquer reste le Fort Napoléon, perché à 114 m au-dessus du bourg, à 15 à 20 minutes de marche ou quelques minutes en scooter. Édifié au XIXe siècle, il abrite un musée et un jardin de cactées où circulent des iguanes en liberté, avec une vue à 360° sur la baie. Pour les marcheurs, le Chameau culmine à 309 m, point le plus haut de l’île, une bonne heure d’ascension récompensée par un panorama qui embrasse Marie-Galante, la Guadeloupe et la Dominique par temps clair.
Côté baignade, le Pain de Sucre, presqu’île de basalte de 53 m, offre le meilleur snorkeling de l’île à quelques brasses du bord, et un coucher de soleil mémorable. La plage de Pompierre, croissant de sable protégé par un récif et bordé de cocotiers, reste la valeur sûre pour les familles. Avant de repartir, une halte s’impose pour goûter le tourment d’amour, la tartelette locale à la confiture de coco, inventée dit-on par les femmes de marins.
On aime
- La baie, parmi les plus belles du monde
- Tout se fait à pied ou en voiturette
- Snorkeling au Pain de Sucre, à deux pas du rivage
- L’ambiance village et le tourment d’amour
On aime moins
- Très fréquentée en haute saison
- Peu de grandes plages où nager librement
- Hébergements et restaurants plus chers
- Peu d’options pour un long séjour actif
Marie-Galante : la grande île du rhum et des plages sauvages
Ici, on change d’échelle et de tempo. Marie-Galante est la troisième île des Antilles françaises par la taille, couverte de canne à sucre et parsemée de moulins à vent : l’île aux cent moulins, on en a compté plus d’une centaine. Sur les dizaines de distilleries d’autrefois, trois subsistent, et elles font la réputation du rhum agricole local.


Les trois distilleries se répartissent les styles : Poisson, l’une des plus anciennes, embouteille son célèbre rhum du Père Labat à 59° ; Bielle est réputée pour ses rhums vieux ; Bellevue, la plus moderne, se distingue par son moulin restauré aux ailes tournantes et son procédé éco-positif. Un point pratique à retenir : elles ne se visitent que le matin, du lundi au samedi, souvent en visite libre et gratuite. À côté, le moulin de Bézard, à Capesterre, est l’un des rares moulins entièrement restaurés, machinerie du XIXe siècle comprise.
Les plages sont l’autre grande raison de venir. La Feuillère, à Capesterre, séduit par ses eaux peu profondes et son ombre naturelle, idéale en famille. L’Anse Canot, plus sauvage, figure parmi les plus belles de toute la Guadeloupe et reste souvent déserte. Pour les curieux, la Gueule Grand Gouffre, au nord vers Saint-Louis, est un gouffre creusé dans la falaise où la mer s’engouffre dans un grondement sourd. L’île étant plate, elle se prête aussi très bien au vélo.
On aime
- Des plages immenses, souvent pour vous seul
- Trois distilleries de rhum agricole réputé
- Île plate, parfaite à explorer à vélo
- Un rythme lent, loin des foules
On aime moins
- Voiture quasi obligatoire, à réserver à l’avance
- Distilleries ouvertes le matin seulement
- Moins spectaculaire au premier regard que la baie des Saintes
- Peu de vie nocturne
Les plages : criques intimes contre grands rubans sauvages
C’est souvent là que le choix se fait. Aux Saintes, les plages sont de petites criques encaissées, protégées et très photogéniques, mais rarement immenses. À Marie-Galante, on parle de longues étendues de sable blanc où l’on marche des centaines de mètres sans croiser personne. Deux plaisirs différents : le décor concentré d’un côté, l’espace et le calme de l’autre.
Pour la nage tranquille, Pompierre et le Pain de Sucre aux Saintes, la Feuillère et la Petite Anse à Marie-Galante font l’unanimité. Pour le snorkeling, l’avantage penche du côté des Saintes, dont les fonds coralliens sont accessibles depuis le bord. Pour poser sa serviette au calme une journée entière, Marie-Galante et son Anse Canot restent difficiles à battre.
Attention. À Terre-de-Haut, la Grande Anse est superbe mais la baignade y est interdite, à cause des rouleaux. Réservez la nage à Pompierre, au Pain de Sucre ou à l’Anse Crawen. Sur les deux îles, vérifiez l’état des sargasses juste avant de partir.
Y aller et se déplacer : le vrai facteur décisif
L’accès et les déplacements pèsent souvent plus que le reste dans la décision. Pour Les Saintes, le plus rapide part de Trois-Rivières, au sud de Basse-Terre : environ 20 minutes de traversée, jusqu’à cinq rotations par jour, premiers départs vers 8 h. Depuis Pointe-à-Pitre, comptez plutôt 1 heure. Détail important : les voitures ne sont pas admises sur ces ferries. Une fois sur Terre-de-Haut, on loue un scooter ou une voiturette électrique, ou l’on marche.
Pour Marie-Galante, les ferries partent de la gare maritime de Pointe-à-Pitre (Bergevin), pour 1 heure à 1 h 15 de mer, avec plusieurs départs par jour. Deux compagnies se partagent la ligne : FRS Express des Îles, qui débarque à Grand-Bourg, le port central, et Karu’Ferry, qui accoste à Saint-Louis. Sur place, la voiture devient presque incontournable : les transports en commun sont rares et les sites s’éparpillent sur toute l’île. Le plus simple est de réserver un véhicule sur place, à l’avance, plutôt que de l’embarquer depuis la Guadeloupe.
Réserver une voiture à Marie-GalanteCertains liens de cette page sont affiliés. Réserver via ces liens ne change rien à votre prix et soutient le guide. Nos avis restent indépendants et basés sur le terrain.
Combien de jours, quel budget
Le temps disponible tranche souvent à lui seul. Les Saintes se font en une journée si l’on vise le bourg, le Fort Napoléon et une plage, mais deux jours permettent d’ajouter le Chameau et un saut à Terre-de-Bas, et surtout de goûter l’ambiance du soir une fois les excursionnistes repartis. Marie-Galante, plus grande, demande au minimum deux jours pour une distillerie, la Feuillère et la Gueule Grand Gouffre, et trois à quatre pour flâner sans compter entre les trois bourgs.
Côté budget, la traversée vers Les Saintes depuis Trois-Rivières reste la moins chère : autour de 30 à 35 € l’aller-retour par adulte selon la compagnie et la saison. Pour Marie-Galante depuis Pointe-à-Pitre, comptez plutôt 40 à 50 € l’aller-retour, parfois moins en milieu de semaine. À cela s’ajoute la location de voiture à Marie-Galante, de l’ordre de 35 à 50 € par jour. Ces tarifs évoluent : vérifiez-les au moment de réserver.
Bon à savoir. Avec un séjour de dix jours ou plus, rien n’oblige à choisir. Les deux se font très bien lors d’un même voyage, en deux excursions distinctes, l’une par le sud de Basse-Terre, l’autre depuis Pointe-à-Pitre.
Laquelle choisir selon votre profil
Au fond, les deux îles ne s’adressent pas aux mêmes envies. Si vous voyagez en couple, que vous photographiez tout, que le snorkeling vous fait vibrer ou que vous n’avez qu’une journée devant vous, Les Saintes gagnent haut la main : la baie et l’ambiance village suffisent à remplir le séjour. Si vous cherchez l’authentique, le rhum, de grandes plages désertes, un rythme lent ou une île à parcourir à vélo, et que vous accordez deux à trois jours à la découverte, Marie-Galante répondra mieux à l’appel. Pour approfondir, notre guide complet de Marie-Galante détaille les bourgs, les plages et les distilleries.
Les familles s’y retrouvent des deux côtés : eaux calmes de Pompierre et voiturettes ludiques aux Saintes, plages peu profondes et terrain plat propice au vélo à Marie-Galante. Le seul mauvais choix serait de vouloir tout faire en une demi-journée : ces îles se savourent, elles ne s’expédient pas.
S’il ne fallait en garder qu’une pour un premier séjour court, ce serait Les Saintes, pour la baie. Mais qui revient en Guadeloupe finit toujours par tomber sous le charme de Marie-Galante.
Questions fréquentes
Peut-on visiter Les Saintes et Marie-Galante dans le même séjour ?
Oui, à condition de rester une dizaine de jours ou plus. Les deux îles ne sont pas reliées directement entre elles : on y accède séparément, Les Saintes surtout par le sud de Basse-Terre, Marie-Galante depuis Pointe-à-Pitre. Le plus confortable est de prévoir deux excursions distinctes, idéalement avec une nuit sur place à chaque fois.
Faut-il une voiture ?
Pas aux Saintes : les voitures ne montent pas sur le ferry et Terre-de-Haut se parcourt à pied, en scooter ou en voiturette électrique. À Marie-Galante, en revanche, un véhicule est vivement conseillé vu la taille de l’île et le peu de transports en commun. Réservez-le à l’avance, surtout en haute saison.
Quelle île choisir avec des enfants ?
Les deux conviennent. Aux Saintes, la plage de Pompierre offre des eaux calmes et les voiturettes amusent les plus jeunes. Marie-Galante mise sur ses plages peu profondes comme la Feuillère et sur un terrain plat, parfait pour de courtes balades à vélo en famille. Pour un premier séjour très court, Les Saintes ont l’avantage de tout regrouper sur un mouchoir de poche.
Quelle île est la plus rapide et la moins chère d’accès ?
Les Saintes, sans hésiter, depuis Trois-Rivières : environ 20 minutes de mer et l’aller-retour le plus économique. Marie-Galante demande un peu plus de temps et un budget légèrement supérieur au départ de Pointe-à-Pitre. Si vous logez au sud de Basse-Terre, Les Saintes sont à portée immédiate.
Quelle est la meilleure période pour y aller ?
De décembre à avril, pendant la saison sèche, avec février et mars en tête pour la baignade et la randonnée. La période d’août à octobre, cyclonique, est à éviter, d’autant qu’elle coïncide souvent avec des arrivées de sargasses sur certaines plages.
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