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Plage naturiste en Guadeloupe : Tarare et les vrais spots

Une seule crique de tout l’archipel accueille le naturisme sans faire d’histoires : l’Anse Tarare, tout au bout de la Grande-Terre, à deux pas de la Pointe des Châteaux. Aucun arrêté ne l’officialise, aucun panneau communal ne la balise. La nudité y tient sur une tolérance installée de longue date, et sur rien d’autre.

Le décor mérite d’être posé franchement. L’archipel aligne des dizaines de criques classées parmi les plus belles plages de Guadeloupe, mais la société locale reste plus pudique que la métropole : pas de club naturiste, pas d’hôtel dédié, pas de zone balisée. Même le monokini, banal en Méditerranée, se fait discret dès qu’on quitte les plages touristiques.

Trois variables décident de tout : le lieu (deux criques, pas une de plus), le moment (le week-end change l’ambiance) et le savoir-vivre naturiste. Le reste, Anse Crawen comprise, relève du souvenir.

Spot principal
Anse Tarare
Statut
Toléré, jamais officiel
Plan B
Morne Rouge (Ste-Rose)
Désormais interdit
Anse Crawen

Anse Tarare, la seule plage naturiste assumée de l’archipel

Tout se joue ici. La crique de Tarare, coincée entre l’Anse à la Gourde et la Pointe des Châteaux, concentre l’essentiel de la pratique naturiste guadeloupéenne : sable clair, eau translucide, fonds rocheux poissonneux sur la gauche, et une fréquentation qui sait pourquoi elle vient.

  • 📍 Anse Tarare, route de la Pointe des Châteaux (D118), 97118 Saint-François
  • 🕒 Aucune surveillance, aucun service sur place
  • 💶 Accès libre, parking gratuit
Vue sur l'Anse Tarare, plage naturiste de Guadeloupe
L’Anse Tarare, seule plage naturiste tolérée de l’archipel.

S’y rendre sans se tromper

Depuis le bourg de Saint-François, suivez la D118 vers la Pointe des Châteaux. On longe le golf puis l’aérodrome, jusqu’au panneau qui indique, sur la gauche, l’Hostellerie des Châteaux et le restaurant Chez Man Michel. Comptez 500 mètres jusqu’au parking du restaurant, puis un sentier ombragé d’environ 250 mètres qui descend vers la plage. Un panneau « plage naturiste » avant la dernière trouée de végétation confirme que vous êtes au bon endroit.

Prévoyez tout : eau, parasol, de quoi grignoter. Ni douche, ni sanitaires, ni surveillance, et l’ombre naturelle se limite au fond de plage. Chez Man Michel, au niveau du parking, dépanne pour un vrai déjeuner créole. Dernière vérification avant de faire la route : cette côte exposée à l’Atlantique reçoit des sargasses par épisodes, un coup d’œil aux bulletins d’échouage évite l’aller-retour pour rien.

L’ambiance réelle, sans filtre

La nudité n’est pas obligatoire et personne ne vous dévisagera si vous gardez le maillot : la crique mélange naturistes réguliers, habitués de la communauté gay et curieux de passage. En semaine, l’endroit reste calme, presque confidentiel. Le week-end, la fréquentation monte et la tranquillité s’effrite.

Deux réalités à connaître avant de poser sa serviette. La première : des curieux se postent régulièrement en lisière de végétation, un phénomène signalé de façon répétée par les visiteurs. La seconde : la houle atlantique se lève vite par vent d’est, et le courant se renforce près des rochers de gauche, là où le snorkeling est justement le plus intéressant (poissons-chirurgiens, coraux). On surveille ses affaires, on garde un œil sur la mer, et la journée se passe bien. Les familles avec enfants, elles, seront plus à leur place à l’Anse à la Gourde voisine.

Attention. Ne laissez rien de valeur dans la voiture ni sans surveillance sur le sable : les signalements de voyeurs et de vols d’opportunité reviennent régulièrement sur cette plage isolée.

On aime

  • Cadre sauvage intact, eau limpide
  • La seule tolérance stable de l’archipel
  • Snorkeling sérieux côté rochers

On aime moins

  • Voyeurs en lisière de végétation
  • Mer parfois agitée, zéro service
  • Week-ends nettement plus chargés

Morne Rouge, le plan B qui se mérite

Entre les plages de Tillet et de Clugny, sur la côte nord-ouest de la Basse-Terre (commune de Sainte-Rose), une bande de sable ocre d’environ 250 mètres sert de second spot aux naturistes de l’archipel. Aucune route n’y mène : l’accès se fait uniquement à pied, par un sentier littoral dont la descente finale se négocie avec des cordes. Ce filtre naturel garantit une fréquentation clairsemée et un calme que Tarare n’offre plus le week-end.

L’envers du décor existe aussi. Des visiteurs décrivent une drague appuyée et des comportements déplacés qui peuvent transformer l’après-midi en exercice de patience, surtout pour une personne seule. On y va accompagné, en connaissance de cause, avec de l’eau et de bonnes chaussures pour le sentier. Rien sur place : ni ombre garantie, ni service, ni réseau fiable.

Crique de Morne Rouge entre Tillet et Clugny, spot naturiste de Sainte-Rose
La crique de Morne Rouge, accessible uniquement à pied par le sentier littoral.

Crawen, Tillet et les criques désertes : trois fausses bonnes idées

La réputation naturiste de certains coins de l’archipel a la vie dure. Sur le terrain, elle ne correspond plus à la réalité, et s’y fier expose à des situations gênantes, voire à une infraction.

L’Anse Crawen, aux Saintes : c’était avant

Pendant des années, cette langue de sable gris au sud-ouest de Terre-de-Haut, à un quart d’heure de marche après le Pain de Sucre, a fait office de plage naturiste des Saintes. C’est terminé : des panneaux interdisent désormais la pratique et la commune ne la tolère plus. La plage reste une merveille en maillot : fonds couverts de gorgones, étoiles de mer coussin, tortues vertes les bons jours. Gardez vos distances avec les mancenilliers du bord de plage, marqués d’un trait rouge : leur sève brûle.

L’Anse Tillet : une plage familiale, point

Son nom circule encore parmi les spots naturistes supposés de la côte sous le vent. La réalité est différente : Tillet est une plage fréquentée par les familles, où la nudité intégrale n’est pas tolérée. Ceux qui veulent se déshabiller dans le secteur rejoignent la crique voisine de Morne Rouge, pas Tillet.

La crique déserte « rien que pour nous »

Se mettre nu sur une plage isolée mais accessible reste risqué en droit français : hors des lieux où l’usage est établi, la nudité peut être poursuivie comme exhibition sexuelle (article 222-32 du Code pénal, jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende). En pratique, le vrai risque en Guadeloupe est ailleurs : une plainte, une patrouille de gendarmerie, un face-à-face pénible avec des riverains. Sur un archipel où presque chaque anse a ses habitués, la crique déserte ne le reste jamais longtemps. Quant aux îlets sillonnés par les excursions, Petite Terre en tête, la question ne se pose même pas.

Topless, nudité, tolérance : ce que dit la loi, ce que pense la Guadeloupe

Le droit est plus simple que les usages. Aucun texte national n’interdit le monokini : bronzer seins nus n’est pas une infraction en soi, seuls des comportements à caractère sexuel relèvent de l’exhibition. Un maire peut en revanche le restreindre par arrêté sur les plages de sa commune.

L’usage local, lui, est plus conservateur que la loi. En 2020, un panneau surgi sur la plage du bourg de Sainte-Anne avait semé le trouble, au point que la mairie a précisé publiquement que le monokini n’y était pas interdit. L’épisode dit tout : sur les plages très touristiques, celle de la Caravelle en tête, le topless passe sans remous ; sur les plages familiales du dimanche, il attire regards et remarques. La pudeur, ici, n’est pas une posture : elle structure la vie sociale.

Panneau d'interdiction sur la plage du bourg de Sainte-Anne en Guadeloupe
Sur la plage du bourg de Sainte-Anne, le panneau qui avait semé le trouble avant la mise au point de la mairie.

Pour la nudité intégrale, la ligne est nette : Tarare et Morne Rouge, rien d’autre. Sur place, le savoir-vivre naturiste classique s’applique : une serviette pour s’asseoir, zéro photo dès que des personnes entrent dans le champ, pas de regard insistant, aucune obligation de se déshabiller. L’archipel ne compte ni club, ni camping, ni hôtel naturiste : le naturisme guadeloupéen se vit à la journée, sac sur le dos.

Dernier réflexe d’organisation : ces deux criques se vident bien avant la tombée du jour. Pour finir la journée côté Caraïbe, notre repérage sur où voir le coucher de soleil en Guadeloupe liste les anses qui regardent plein ouest.

Questions fréquentes

Peut-on bronzer seins nus sur toutes les plages de Guadeloupe ?

Légalement, oui : aucun texte ne l’interdit à l’échelle nationale et aucune interdiction générale n’existe en Guadeloupe. Socialement, tout dépend de la plage : le topless reste courant sur les spots touristiques et rare partout ailleurs. Un coup d’œil autour de vous donne la réponse en dix secondes : s’il n’y a que des familles et aucun sein nu à l’horizon, la discrétion s’impose.

Existe-t-il un hôtel ou un camping naturiste en Guadeloupe ?

Non. Aucun hôtel, camping ou club naturiste n’est recensé sur l’archipel. La référence des Antilles françaises reste la Baie Orientale, à Saint-Martin, dont la partie sud accueille historiquement la pratique. En Guadeloupe, le naturisme se limite aux deux criques citées plus haut.

L’Anse Crawen aux Saintes est-elle encore naturiste ?

Non. La pratique y a été interdite et des panneaux le rappellent sur place. La plage vaut toujours le détour en maillot pour ses fonds marins et son calme, mais les naturistes n’y sont plus les bienvenus.

Quel est le meilleur moment pour profiter de l’Anse Tarare ?

En semaine, le matin, pendant la saison sèche de décembre à avril : mer plus maniable, fréquentation clairsemée, lumière superbe sur la crique. Le week-end amène du monde et des curieux. Quelle que soit la période, vérifiez la situation des sargasses avant de prendre la route de la Pointe des Châteaux.

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