Un hectare et demi de forêt, 17,50 € l’entrée adulte, et pourtant la plupart des visiteurs y restent nettement plus longtemps que la 1 h 30 annoncée par le parc. Le Zoo de Guadeloupe, installé au parc des Mamelles sur la route de la Traversée, tient dans un mouchoir de poche face aux grands parcs animaliers de métropole. Ce qui le distingue tient à trois choses : la forêt tropicale qui pousse par-dessus les enclos, un parcours de passerelles suspendues jusqu’à 20 mètres du sol, et une collection presque entièrement néotropicale.
Le prix cache une variable que peu de gens anticipent : l’heure d’arrivée. À 9 h, la brume traîne encore entre les fougères arborescentes et les félins bougent. À 13 h, en pleine chaleur, une bonne partie du casting dort à l’ombre. C’est ce détail qui fait basculer un site classé parmi les incontournables de la Guadeloupe entre la belle surprise et la déception à 59 € pour une famille de quatre.
La météo pèse autant que l’horaire. Le parc est posé juste sous le col des Mamelles, dans l’un des secteurs les plus arrosés de l’archipel, où une averse peut tomber sur un ciel bleu en dix minutes. Prévoir un poncho n’a rien d’excessif, c’est la norme locale.
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Ce que coûte la visite, et ce que le billet comprend
Le parc pratique un tarif unique à la journée, sans supplément une fois passé le portique. Trois formules coexistent, et l’écart entre elles se calcule facilement.
| Formule | Adulte | Enfant 3 à 12 ans |
|---|---|---|
| Billet journée | 17,50 € | 12,00 € |
| Pack zoo + jardin botanique de Valombreuse | 28,90 € | 19,55 € |
| Abonnement annuel (vente sur place uniquement) | 32,00 € | 22,00 € |
Deux arbitrages sortent de ce tableau. Le pack Valombreuse ramène l’entrée du jardin botanique à 11,40 € pour un adulte, ce qui reste intéressant à condition de vraiment programmer la seconde visite, chaque billet n’étant valable qu’une journée sur chaque site. L’abonnement annuel, lui, devient rentable dès la deuxième venue : deux entrées adultes coûtent 35 €, contre 32 € l’année complète. Pour un résident, la question ne se pose presque pas.
Le billet inclut le parcours au sol, la canopée et les deux rencontres quotidiennes avec les soigneurs. Les moins de 3 ans entrent gratuitement. Les groupes à partir de dix personnes passent par un devis, et la billetterie en ligne évite la file d’attente pendant les vacances de Noël, de février et de l’été, les trois pics de fréquentation du parc.
Le parcours au sol : 1,5 km de forêt et un casting néotropical
Le sentier principal forme une boucle d’environ 1,5 km, pavée et ombragée sur la quasi-totalité de son tracé. Le parc annonce plus de 450 animaux pour environ 80 espèces, sur 1,6 hectare, au milieu d’un millier d’espèces végétales. La densité fait tout : les enclos s’enchaînent vite, sans jamais donner l’impression de sortir de la forêt.
Le racoon, mascotte à l’identité contestée
C’est l’animal que tout le monde cherche, et son histoire vaut le détour autant que l’animal lui-même. Le racoon guadeloupéen a longtemps été décrit comme une espèce endémique, sous le nom de Procyon minor, au point d’être protégé de la chasse par décret dès 1954 et de devenir l’emblème du Parc national de la Guadeloupe.
Les analyses génétiques menées à partir de 1998, puis les travaux de Helgen et Wilson publiés en 2003, ont renversé la table : il s’agit du raton laveur commun d’Amérique du Nord, Procyon lotor, introduit par l’homme il y a quelques siècles seulement. Sa petite taille s’explique par l’insularité et les ressources disponibles, pas par une lignée à part. Il figure désormais dans les inventaires d’espèces introduites, avec un impact suspecté sur les oiseaux et les reptiles locaux. Le parc ne cache pas cette bascule, et c’est tout à son honneur.
Félins, lémuriens et le reste de la collection
Les deux jaguars, Keeza et Timal, tiennent la vedette, aux côtés du puma et de l’ocelot. Viennent ensuite les singes hurleurs, l’atèle à face rouge, le tamarin empereur et sa moustache blanche, les tortues géantes, les iguanes, les aras, les toucans, l’anaconda et un insectarium souvent zappé à tort par les visiteurs pressés.

Deux exceptions à la règle néotropicale méritent d’être signalées : les lémuriens viennent de Madagascar et le panda roux de l’Himalaya. Leur présence s’explique par les programmes européens d’élevage auxquels le parc participe en tant que membre de l’EAZA, l’association européenne des zoos et aquariums, dont l’accréditation impose des standards précis de détention. Le parc soutient aussi la conservation de l’iguane des Petites Antilles, espèce endémique menacée, et héberge l’antenne guadeloupéenne du centre de soins SOS Faune Sauvage, créé en 2001, qui recueille et relâche les animaux sauvages blessés.
La canopée : 300 mètres de passerelles à 20 mètres du sol
C’est l’argument qui différencie ce zoo de tous les autres parcs animaliers des Antilles. Une quinzaine de passerelles et de ponts de singe s’enchaînent sur plus de 300 mètres, jusqu’à 20 mètres au-dessus du sol, au niveau du feuillage des grands arbres.

Le parcours est compris dans le billet et reste facultatif. On y marche debout, sécurisé par des filets latéraux, sans baudrier ni matériel : rien à voir avec de l’accrobranche. Les passerelles bougent un peu, ce qui suffit à décourager les visiteurs sujets au vertige. Sous la pluie, les planches deviennent glissantes et le rythme ralentit franchement.
Attention. La canopée est ouverte à partir de 8 ans. Les plus jeunes disposent d’un parcours plus bas, et la Kaz’à’Tarzan, aire de jeux suspendue installée au départ de la canopée, permet aux parents de se relayer.
Les rendez-vous soigneurs, à 12 h et 15 h 30
Deux animations quotidiennes rythment la journée, incluses dans l’entrée et sans réservation supplémentaire. Elles changent complètement la valeur perçue du billet, parce qu’elles sortent l’observation du registre passif.
- 12 h, présentation des félins : nourrissage des jaguars commenté par l’équipe, le moment le plus animé de la journée.
- 15 h 30, présentation des lémuriens : séance courte, très appréciée des enfants, avec questions aux soigneurs.
La conséquence pratique est simple : une arrivée vers 10 h 30 permet d’enchaîner le parcours au sol, la présentation des félins, le déjeuner, puis la canopée dans l’après-midi. Une arrivée à 14 h laisse le temps de tout voir, mais la chaleur a déjà endormi une partie des animaux depuis plusieurs heures. Des ateliers ponctuels, dont le format « soigneur d’un jour », s’ajoutent au calendrier certains samedis.
Y aller : la route de la Traversée, le parking, la bonne heure
Le zoo est situé sur la commune de Bouillante, en bordure de la RD23, la fameuse route de la Traversée. Cette route de 17 km reste la seule voie qui coupe la Basse-Terre d’est en ouest, à travers le Parc national et le col des Mamelles.

- 📍 Parc des Mamelles, route de la Traversée, 97125 Bouillante
- 🕒 Tous les jours de 9 h à 18 h, jours fériés compris, dernière entrée à 16 h 30
- 📞 05 90 98 83 52
- 💶 17,50 € adulte, 12,00 € enfant de 3 à 12 ans
Depuis Pointe-à-Pitre, comptez environ 45 minutes par la N1 jusqu’à Petit-Bourg, puis la D23 à hauteur de Vernou. Ajoutez facilement vingt minutes aux heures de pointe, la traversée de Jarry et de Baie-Mahault saturant matin et soir. Depuis Deshaies ou Sainte-Rose, prévoyez une bonne heure par la côte. Deux parkings gratuits sont disponibles à l’entrée, et la route reste accessible à toutes les voitures, sans besoin de quatre roues motrices.
Attention. La D23 n’est desservie par aucun transport en commun et les taxis y sont rares : la voiture est indispensable. Aucune station-service ni commerce sur les 17 km, chaussée sinueuse, souvent humide et parfois noyée dans la brume au niveau du col.
Avec des enfants, sous la pluie ou en fauteuil : ce qu’il faut vérifier
Le parc a été pensé pour un public familial, mais quelques contraintes se découvrent souvent trop tard, une fois sur le parking.
- Pique-nique interdit dans l’enceinte du zoo. Le restaurant Le Pik, en face, sert de 12 h à 15 h.
- Pas de consigne sur place : on garde ses affaires sur soi pendant tout le parcours.
- Animaux domestiques refusés, sans exception.
- Pluie : la visite reste praticable, des ponchos sont vendus à la boutique et l’ambiance forestière y gagne même en intensité.
- Mobilité réduite : le sentier au sol est en grande majorité accessible, mais les passerelles de la canopée ne le sont pas.
Bon à savoir. Près de 90 % du parcours se fait à l’ombre des grands arbres, et la température au col reste sensiblement plus fraîche que sur le littoral. C’est l’une des rares activités de plein air confortables en milieu de journée.
Est-ce que ça vaut les 17,50 € ?
La réponse dépend surtout du temps que vous acceptez d’y consacrer. Bouclé en une heure, le parc paraît petit et cher. Étalé sur trois heures avec les animations et la canopée, le rapport s’inverse nettement.
On aime
- La canopée comprise dans le billet, sans équivalent aux Antilles
- Un parcours ombragé, praticable même en pleine chaleur
- Les deux animations quotidiennes, réellement pédagogiques
- Le centre de soins et les programmes de conservation derrière le billet
On aime moins
- 1,6 hectare seulement : la déception guette les visiteurs pressés
- Des félins souvent invisibles aux heures chaudes
- Le pique-nique interdit à l’intérieur
- Une addition qui grimpe vite en famille nombreuse
Pour un séjour d’une dizaine de jours, la visite se justifie surtout si vous logez côté Basse-Terre ou si vous traversez de toute façon la D23. Depuis Saint-François ou Sainte-Anne, le trajet aller-retour mobilise deux bonnes heures de route, ce qui suppose de construire la journée entière autour de la Traversée.
Réserver son billet pour le zooConstruire la journée autour du zoo
Le zoo occupe une demi-journée, rarement plus. Le reste de la route de la Traversée fournit de quoi remplir le programme sans reprendre la voiture longtemps.
À quelques kilomètres côté Petit-Bourg, la Cascade aux Écrevisses se rejoint par un sentier pavé de 200 mètres, gratuit, aménagé pour les fauteuils et les poussettes après les travaux menés par le Parc national jusqu’à début 2026. L’affluence y est maximale entre 10 h et 15 h le week-end. La Maison de la Forêt, toute proche, sert de point de départ à plusieurs traces balisées et propose des carbets de pique-nique en bord de rivière, ce qui compense l’interdiction à l’intérieur du zoo. Les marcheurs enchaînent volontiers avec la Mamelle de Pigeon, 768 mètres, comptez 1 h 30 aller-retour depuis le col pour un panorama à 360°. Juste en face du zoo, le parc d’accrobranche Le Tapeur complète la journée pour les amateurs de tyroliennes.
En redescendant vers l’ouest, la route débouche sur la côte sous le Vent et la réserve Cousteau : le guide de Bouillante détaille la plage de Malendure, les sorties palmes-masque-tuba et les bains chauds. Si le pack a été acheté à l’entrée, gardez une journée pour Valombreuse, l’un des jardins botaniques les plus complets de l’archipel, situé à Petit-Bourg sur le trajet du retour.
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Si l’idée est de multiplier les sorties nature et découverte, deux autres classiques complètent bien le parc des Mamelles. Côté Grande-Terre, découvrir l’aquarium de la Guadeloupe offre une alternative couverte, pratique un jour de grosse pluie et bien plus accessible depuis Le Gosier ou Sainte-Anne.
Pour rester dans le registre du patrimoine vivant, découvrir les distilleries de Guadeloupe constitue l’autre grand marqueur de l’île, avec des visites souvent gratuites et une logique de terroir qui parle autant aux adultes que la forêt aux enfants.
Questions fréquentes
Faut-il réserver son billet à l’avance ?
Ce n’est pas obligatoire, la billetterie sur place fonctionne toute l’année. La réservation en ligne se justifie pendant les vacances de Noël, de février et l’été, quand la file s’allonge en milieu de matinée. L’abonnement annuel, lui, ne se vend qu’au guichet.
Combien de temps prévoir avec des enfants ?
Le parc annonce 1 h 30 au minimum. Avec des enfants qui s’arrêtent devant chaque enclos, qui font la canopée et qui passent par la Kaz’à’Tarzan, comptez plutôt 3 heures. Le billet reste valable la journée entière, une sortie pour déjeuner en face n’oblige pas à repayer.
Le zoo reste-t-il ouvert quand il pleut ?
Oui, et la question se pose régulièrement dans ce secteur très arrosé. Le sentier reste praticable, la végétation abrite une bonne partie du parcours et des ponchos sont vendus à la boutique. Seules les passerelles demandent plus de prudence, le bois devenant glissant.
Quelle est la meilleure heure pour voir les animaux actifs ?
L’ouverture à 9 h et la fin d’après-midi, avant la dernière entrée à 16 h 30. Entre 12 h et 15 h, la chaleur pousse les félins et les singes à se mettre à l’ombre. La présentation des félins à 12 h fait exception, puisque le nourrissage les remet en mouvement.
Peut-on y aller sans voiture ?
Difficilement. Aucune ligne de bus ne dessert la route de la Traversée et les taxis y circulent peu. Les solutions réalistes sont la location de voiture, une excursion organisée au départ de Pointe-à-Pitre, ou un transfert négocié à l’avance avec un chauffeur local pour l’aller et le retour.
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