Terre-de-Bas ferme les Saintes à l’ouest, exposée au vent du large. L’île est plus étendue que sa jumelle Terre-de-Haut, mais compte moins de 900 habitants (873 en 2023), contre près de 1 500 sur l’autre rive. La majorité des voyageurs s’arrête à Terre-de-Haut, plus proche et plus carte postale, et repart sans avoir posé le pied ici. C’est justement ce qui fait le prix de l’endroit : des villages de pêcheurs qui vivent à leur rythme, des plages presque vides en semaine, et une forêt sèche qui grimpe jusqu’à 293 mètres au morne Abymes.
On ne l’atteint que par la mer, le plus souvent depuis Trois-Rivières, parfois par la navette qui relie les deux îles. Beaucoup la combinent avec un tour plus large de l’archipel des Saintes, dont Terre-de-Bas forme la pointe la plus tranquille. Une fois débarqué, oubliez les boutiques alignées et les scooters en file. L’île se parcourt lentement, entre Grande-Anse et Petites-Anses, avec un vrai arbitrage à faire selon les criques où l’on peut se baigner sans danger.



Ce qui distingue Terre-de-Bas de sa jumelle
Les deux îles habitées des Saintes se ressemblent de loin et se vivent différemment. Terre-de-Haut a bâti sa réputation sur la pêche et le tourisme. Terre-de-Bas a gardé une vocation plus agricole et beaucoup moins de passage.
La vie se concentre dans deux villages. Grande-Anse aligne ses cases créoles autour de son église et de sa plage. Petites-Anses, installé dans une cuvette, abrite la mairie et les services de la commune. Le long des débarcadères, les pêcheurs réparent encore leurs filets à la main. Trois îlots inhabités complètent le territoire : les Augustins, le Pâté et la Coche. On vient ici pour ce calme, pas pour une liste de monuments à cocher.
Le détail des balades, spots et sorties de l’île est rassemblé dans notre page sur que faire à Terre-de-Bas. Voici l’essentiel à retenir avant de partir.
Le patrimoine, entre poterie et forêt sèche
La poterie Fidelin est le site le plus marquant. Construite en 1760 près de la plage de Grande Baie, classée monument historique en 1997, elle fabriquait les pots de terre cuite servant à la cristallisation du sucre. On y voit encore les fours, les citernes et les restes de la maison de maître. C’est un vestige rare de l’époque sucrière aux Antilles. Plus haut, la végétation cache d’anciennes batteries militaires et, dans les villages, des artisans tressent toujours le salako, le chapeau traditionnel saintois.
La randonnée et les points de vue
Un massif boisé occupe le centre de l’île et abrite une forêt protégée. Les sentiers, appelés localement les Traces, la traversent jusqu’aux falaises et aux pointes rocheuses du littoral. La montée vers le morne Abymes, point culminant à 293 mètres, récompense l’effort par une vue large sur la mer des Caraïbes. Depuis la plage de l’Anse à Dos, on aperçoit la Guadeloupe et la silhouette du volcan de la Soufrière par temps clair.
Les plages, et lesquelles évitent les courants
Quatre plages principales se partagent le littoral, très différentes les unes des autres. La baignade y est agréable, mais la sécurité varie beaucoup d’une anse à l’autre. Mieux vaut savoir où l’on met les pieds avant d’y aller. Un seul site de baignade de l’île fait l’objet d’un suivi officiel de la qualité de l’eau par l’ARS, et il est classé excellent (saison 2024) ; ailleurs, l’absence de classement ne signifie pas une eau douteuse, seulement qu’aucun site de baignade n’y est déclaré.
La plage de Grande Anse est la plus accessible, avec son sable doré et son eau claire. Ses courants peuvent être forts, la prudence s’impose à la baignade. La plage de Grande Baie, plus abritée, est le meilleur spot de masque et tuba, juste à côté de la poterie Fidelin. L’Anse à Dos aligne ses cocotiers face à la Guadeloupe. Enfin, la plage du Bord de Mer surprend par son sable brun, plus rare dans l’archipel. Pour l’accès, le stationnement et l’ombre plage par plage, voyez les plages de Terre-de-Bas en détail.
Attention. Les courants de Grande Anse peuvent surprendre. Privilégiez Grande Baie ou l’Anse à Dos pour nager tranquille, et vérifiez la présence de sargasses en saison, surtout de mars à octobre.
Où manger sans se tromper
L’offre tient en une poignée de tables, toutes simples et tenues par des locaux. On y mange du poisson grillé, du court-bouillon et parfois le tourment d’amour, la pâtisserie signature des Saintes. La cuisine est bonne, le service tranquille.
Quelques adresses reviennent souvent, comme Chez Eugénette sur la route de Grande Anse. Le nombre de couverts reste limité et certaines ferment hors saison ou en début de semaine. Un conseil concret : appelez pour réserver, surtout le midi, et prévoyez du liquide. La sélection complète et à jour se trouve dans les meilleures tables de Terre-de-Bas.
Où dormir : gîtes, cabanes et un seul petit hôtel
Terre-de-Bas compte un seul hôtel, non classé, de 8 chambres (INSEE, 2026). Pour le reste, l’hébergement se limite à des gîtes, des maisons de vacances et quelques cabanes perchées avec vue sur la baie, souvent en location entre particuliers ou via les Gîtes de France. Le parc est petit, il se réserve tôt.
La plupart des logements sont indépendants, avec cuisine équipée. Comptez sur des adresses comme la Résidence Coco d’Îles ou les cottages proches de Grande Anse. Pour comparer les options selon la capacité et l’emplacement, consultez où dormir à Terre-de-Bas. Beaucoup de visiteurs préfèrent d’ailleurs venir à la journée depuis Terre-de-Haut ou la Guadeloupe.
Voir les hébergements à Terre-de-BasBon à savoir. Loger sur place suppose de gérer ses repas. Les commerces sont petits et les paiements en carte pas toujours acceptés. Faites vos courses et retirez du liquide avant d’embarquer.
Terre-de-Bas en données : une île qui a perdu la moitié de ses habitants
Les chiffres publics expliquent le calme de Terre-de-Bas mieux qu’une brochure : peu d’habitants, encore moins de services, et une part de maisons de vacances qui grimpe vite. Trois réalités à intégrer avant de réserver une nuit sur place.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Population municipale 2023 | 873 habitants, en baisse de 17,6 % depuis 2015 (1 795 en 1968) |
| Superficie | 7 km² |
| Densité | 128 habitants au km² |
| Accès | bateau uniquement, 25 à 30 min depuis Trois-Rivières |
| Pluie annuelle | pas de station sur l’île ; 1 203 mm à Terre-de-Haut Cassin (6 m, à 6 km, moyenne 2005-2024) et 1 568 mm à Vieux-Fort Bourg (39 m, à 12 km, moyenne 1991-2020) |
| Hôtels au 1er janvier 2026 | 1, non classé, 8 chambres |
| Résidences secondaires et logements occasionnels | 231, soit 33,2 % des 697 logements (4e des 32 communes) |
| Restaurants (restauration rapide comprise) | 12 |
| Sites de baignade contrôlés par l’ARS (2024) | 1, en qualité excellente |
| Monuments historiques protégés | 1 : l’ancienne poterie Fidelin (classée en 1997) |
La démographie d’abord. Terre-de-Bas comptait 1 795 habitants en 1968, elle en a 873 : la moitié de sa population a disparu en un demi-siècle, et la baisse s’accélère (-17,6 % depuis 2015), ce qui en fait la commune la moins peuplée de Guadeloupe. Dans le même temps, les résidences secondaires et meublés ont presque doublé, de 121 en 2012 à 231 en 2023, soit un logement sur trois. Pour le voyageur, c’est une offre de gîtes qui s’étoffe, mais aussi des villages où beaucoup de volets restent fermés hors vacances.
Les services ensuite, et c’est là que se joue le confort d’un séjour. La base des équipements de l’INSEE recense 12 restaurants, 5 supérettes ou épiceries, une boulangerie, une poissonnerie, une pharmacie, 3 médecins généralistes et un bureau de poste, mais ni agence bancaire, ni supermarché, ni station-service. Concrètement : arrivez avec du liquide et l’essentiel des courses, et si vous louez un scooter ou une voiture, demandez au loueur comment refaire le plein avant de partir loin.
La pluie enfin. L’île n’a pas de station Météo-France. Ses deux voisines encadrent la réalité : 1 203 mm par an à Terre-de-Haut, à 6 km, l’une des communes les plus sèches de Guadeloupe, et 1 568 mm à Vieux-Fort, sur la côte de la Basse-Terre. Dans les deux cas, février et mars sont les mois les plus secs, août à octobre les plus arrosés : la saison idéale de décembre à avril tient la route.
Côté patrimoine, un seul monument historique, mais pas le moindre : l’ancienne poterie de Terre-de-Bas, classée en 1997. La base Mérimée la répertorie comme propriété privée : restez sur les cheminements et respectez les vestiges.
Sources : INSEE (populations légales 2023, recensement 2023, base permanente des équipements 2025, capacité d’hébergement touristique 2026, fiche INSEE de Terre-de-Bas), Météo-France (relevés mensuels des stations Terre-de-Haut Cassin et Vieux-Fort Bourg), ministère de la Culture (base Mérimée), ministère de la Santé (eaux de baignade, saison 2024), IGN (superficie). Données consultées le 6 octobre 2026.
Comment rejoindre Terre-de-Bas en bateau
L’île n’est accessible que par la mer. La liaison la plus directe part de Trois-Rivières, sur la côte sud de Basse-Terre, avec une traversée de 25 à 30 minutes assurée notamment par la CTM Deher. Comptez de l’ordre de 20 à 25 € l’aller pour un adulte, moins en réservant tôt et pour les enfants.
Les départs depuis Trois-Rivières se concentrent le matin. Dans l’autre sens, l’île se quitte vers 6 h et 15 h 45 du lundi au samedi, vers 7 h et 15 h 45 les dimanches et jours fériés. Ces horaires changent sans préavis, vérifiez-les la veille. Depuis Pointe-à-Pitre, Basse-Terre, Saint-François ou Marie-Galante, le trajet passe presque toujours par Terre-de-Haut, d’où une navette rejoint Terre-de-Bas en une vingtaine de minutes.
| Point de départ | Durée | Bon à savoir |
|---|---|---|
| Trois-Rivières (Basse-Terre) | 25 à 30 min | Ligne directe, la plus fréquente |
| Terre-de-Haut (navette) | ≈ 20 min | Idéal si vous logez sur l’autre île |
| Pointe-à-Pitre / Saint-François | 1 h à 1 h 30 | Le plus souvent via Terre-de-Haut |
Certains liens de cette page sont affiliés. Réserver via ces liens ne change rien à votre prix et soutient le guide. Nos avis restent indépendants et basés sur le terrain.
Attention. Pour une visite à la journée, calez votre retour sur le dernier bateau et arrivez au débarcadère avec de l’avance. Une place ratée signifie une nuit imprévue sur l’île.
Les communes voisines de Terre-de-Bas
Les voisines de Terre-de-Bas, sur l’île ou à une traversée. Distances par la route d’une mairie à l’autre (calcul IGN). À voir aussi : que faire à les Saintes.
En bateauTerre-de-HautFort Napoléon et baie des SaintesVoir le guide
En bateauTrois-RivièresRoches gravées et bateau pour les SaintesVoir le guide
Questions fréquentes
Peut-on visiter Terre-de-Bas à la journée ?
Oui, une journée suffit pour flâner dans un village, voir la poterie Fidelin et profiter d’une ou deux plages. Partez avec le premier bateau et gardez un œil sur les horaires de retour, peu nombreux en fin d’après-midi.
Comment se déplacer sur l’île ?
Le relief est vallonné et les distances entre villages se font sentir à pied. Un taxi assure les liaisons, et certains visiteurs louent une voiture ou un scooter pour rejoindre les plages plus facilement. Prévoir un véhicule change vraiment le confort de la journée.
Y a-t-il des distributeurs de billets ?
Non, on ne peut pas compter sur un distributeur fiable : l’INSEE ne recense aucune agence bancaire sur l’île, seulement un bureau de poste. Emportez du liquide depuis la Guadeloupe ou Terre-de-Haut. Les petits commerces et certaines tables n’acceptent pas toujours la carte bancaire.
Terre-de-Haut ou Terre-de-Bas pour une première visite ?
Terre-de-Haut pour la carte postale, les commerces et l’accès plus simple. Terre-de-Bas pour le calme, l’authenticité et des plages sans foule. Avec deux jours devant vous, l’idéal reste de voir les deux.
Preparez votre voyage
Tout pour organiser votre sejour
Nos adresses testees sur place et nos conseils locaux, au meme endroit.
Explorer la Guadeloupe